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Mobilisation pour empêcher le transfert du domaine de Vassal

 

Domaine de Vassal

Le domaine de Vassal, situé sur le cordon littoral sableux entre Sète et Marseillan-Plage est géré par l'Institut national de la recherche agronomique (INRA). Il héberge une collection unique au monde de vignes comportant plus de 7500 introductions de plants différents.

Cette collection est née en 1876 à l'Ecole agronomique de Montpellier, pour trouver des remèdes contre le phylloxéra, un insecte parasite qui dévastait le vignoble. En 1949, à l'initiative du Professeur Branas, elle est transférée sur le domaine de Vassal, au sein d'un centre expérimental de l'INRA nouvellement créé. Depuis cette date son fonds n’a cessé de s’élargir et le domaine de Vassal a aujourd’hui une réputation internationale dans la connaissance et la valorisation de la biodiversité de la vigne

C'est aussi une source de gènes indispensable pour l'amélioration variétale. Certains de ces gènes seront peut être indispensables demain pour faire face aux maladies du vignoble, au changements de goût des consommateurs voire aux futurs changements climatiques. Ainsi l'Inra utilise actuellement plusieurs gènes d'intérêts dans ses programmes d'amélioration.

Elle permet de résoudre des problèmes d'identification des variétés. L'identité d'une variété doit en effet être assurée tout au long de la filière vitivinicole : travaux de sélection, pépiniéristes, viticulteurs, négociants, consommateurs. La comparaison et l'étude des génotypes ne peut se faire de façon fiable que s'ils sont regroupés en un même lieu. Cette collection sert ainsi de référence à l'échelon national (CPOV, CTPS) et international (UE, OIV, UPOV, IPGRI).

Elle représente un outil de connaissance et de formation important pour les professionnels et le public amenés à se questionner sur le matériel végétal. L'une des forces de ce conservatoire est d'avoir été étudié et enrichi de façon continue depuis sa création.

Cette collection centrale permet de reconstituer ou de compléter d'autres collections en France et à l'étranger, ou d'établir des parcelles expérimentales. Ainsi, elle est à l'origine de certains clones mais également du renouveau cultural de vieux cépages. Pour cela, le domaine de Vassal expédie plusieurs centaines de variétés chaque année à la demande de chercheurs, scientifiques, techniciens ou professionnels.  

» en savoir plus : site du Domaine de Vassal

   

L’INRA vient d’annoncer son intention de déménager le domaine de Vassal et sa collection exceptionnelle de vignes. Actuellement situé sur le lido entre Sète et Marseillan-Plage, le domaine serait transférré à Pech Rouge, près de Narbonne.

"Plusieurs éléments conduisent aujourd'hui l'Inra à devoir organiser le transfert de cette collection sur un autre site", explique l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) dans un communiqué.
D'abord, "la sécurisation foncière de la collection" puisqu'un différend juridique oppose l'Inra aux Domaines Listel, propriétaire du terrain. L'affaire est en attente d'un jugement au tribunal paritaire des baux ruraux de Béziers, et l'audience a été renvoyée à juin 2014, détaille l'Inra.
Le groupe Vrankel, propriétaire du domaine, souhaiterait multiplier par dix le prix du loyer car le loyer n'a pas bougé depuis 20 ans.

Cette augmentation de loyer n’est semble-t-il qu’un élément déclenchant car, selon les scientifiques, Vassal devra à terme déménager à cause du réchauffement climatique. Il peut entraîner une montée du niveau de la mer, mais surtout provoquer une plus grande pénétration de la salinité dans le sol. En visitant les vignes, on note également des résurgences d'eau douce, en provenance de l'étang de Thau. Sur place, force est de constater que le lido n'offre pas les conditions de sécurité à long terme pour abriter un tel patrimoine génétique. "D'ici une ou deux décennies, on devait bouger", estime Christian Huyghe, directeur scientifique adjoint agriculture à l'INRA, qui pilote ce transfert techniquement très difficile. Pour minimiser les risques d’échec du transfert, en profiter pour assainir la collection et la nettoyer de ses maladies, l’INRA envisage de la réimplanter mais sur porte-greffe sain, à Pech Rouge.
Le journal LeMonde rapporte les propos de Jean-Michel Boursiquot, chercheur à l’iNRA, qui considère le greffage comme "le moyen le plus biologique de lutter contre un parasite" sans avoir recours à des produits phytosanitaires." Depuis le début du XXe siècle, l'ensemble du vignoble français - à de très rares exceptions - est passé au porte-greffe pour vaincre le phylloxéra sans pour autant nuire à la qualité des vins. Il met d'ailleurs "au défi de faire la différence dans une dégustation à l'aveugle entre un cabernet sauvignon greffé et un non-greffé". Pour les opposants, les scientifiques sont des apprentis sorciers et quand l’iNRA parle d’assainir la collection actuelle, ils rétorque que chaque pied présente un caractère particulier et doit être conservé, malade ou pas.

Un groupe de vignerons connus pour leur engagement dans la défense de la biodiversité - s'est mobilisé pour contester l'urgence et les conditions du déménagement. Pour eux l'abandon de la culture franc de pied au profit des porte-greffes constitue un appauvrissement de la richesse végétale. Ils ont lancé une pétition sur Internet qui a déjà recueilli plus de 4.000 signatures. Ils ont également réussi à créer le buzz sur les réseaux sociaux, les vignerons étant à présent relayés par les écologistes.

Le Maire de Sète François Commeinhes monte à son tour au créneau et dans une lettre à Pierre Bouldoire, Président de Thau agglo il lui demande "dans l’intérêt de notre territoire de vous saisir de cette question pour trouver les solutions les plus appropriées avec tous les interlocuteurs concernés et tout autre partenaire intéressé par la défense et la préservation de ce patrimoine et oeuvrer autant que possible à la préservation de cette implantation unique sur notre cordon littoral pour lequel toutes les collectivités ont mobilisé de tels financements, notamment pour le protéger pendant de nombreuses années des phénomènes naturels qui pourraient menacer cette collection botanique évitant ainsi d’avoir à agir dans la précipitation".

L'énergie du thorium, l'avenir vert du nucléaire?

Le thorium est l’un des matériaux les plus denses de la terre. Une petite quantité contient 20 millions de fois plus d’énergie que la quantité équivalente de charbon, ce qui en fait une source d’énergie presque idéale.
Dans les débuts du développements du nucléaire, à l’époque de la guerre froide entre l’est et l’ouest, ce minerai avait été écarté car il avait un grave défaut : sa combustion ne générait pas de plutonium et donc ne pouvait servir à la production des bombes atomiques. Ce défaut n’en est plus un aujourd’hui et nombreux sont les chercheurs qui voient en lui le combustible idéal de l’industrie nucléaire du futur. Les écologistes eux-mêmes en deviennent les ardents défenseurs car la production d’énergie nucléaire basée sur le thorium dont le niveau de sûreté serait "sans précédent". Cette technologie permettrait de réduire les déchets nucléaires actuels et futurs, et constituerait également une solution intéressante en ce qui concerne la non-prolifération et les émissions de gaz à effet de serre.
La Chine et l'Inde soutiennent activement plusieurs projets en ce sens, en y consacrant d'importantes ressources, et les États-Unis, la Russie, l'Europe, le Japon, la Corée du sud et la Norvège s'intéressent également à cette technologie.
Le programme chinois est probablement le plus ambitieux et le plus avancé. Il regroupe 400 personnes. Avec un âge moyen de 31 ans, ce groupe représente un investissement long-terme dans le futur de l’industrie nucléaire chinoise. Le budget est actuellement de 400 millions de dollars, mais en octobre dernier dans une présentation à la conférence internationale ThEC13 auCERN, Hongjie Xu de l’Institut de Physique Appliquée de Shanghai (SINAP) a annoncé qu’un budget supplémentaire de 2 milliards de dollars allait être alloué pour les prochaines phases du programme.  

» en savoir plus : L'atome vert : Le thorium, un nucléaire pour le développement durable, par Jean-Christophe de Mestral

 

Les lagunes du Languedoc

En cliquant sur ce lien, vous accèderez à une magnifique vidéo consacrée aux lagunes du Languedoc et particulièrement à l'étang de Thau et au Lido de Sète à Marseillan.
En demi-heure, les auteurs de cette merveille retracent l'origine géologique de ces lagunes, leur flore, leur faune si riche, les travailleurs, pêcheurs et ostréiculteurs qui en vivent, et aussi leur fragilité imposant leur protection.
De très belles images qui nous font entrer dans l'intimité de ces zones qui méritent d'être préservées. Et une agréable leçon sur la géographie de nos lagunes languedociennes.

Rapprochez vous du ciel

Avec l'A.S.A.T (Association Sétoise d'Astronomie dans le pays de Thau)

  • VENDREDI 22 NOVEMBRE : Observation au télescope du ciel profond de la Lune, de Vénus, de Jupiter et ses Lunes.
  • VENDREDI 13 DECEMBRE : Observation au télescope du ciel d'hiver, de vénus et Jupiter.

Observations gratuites depuis le site des Pierres Blanches sur le Mont Saint-Clair, à 21h30.
Informations supplémentaires au 04 99 57 11 07

Jupiter avec ses lunes Io et Ganymede (photo Damian Peach)

Les moules utiles à la science

Les moules sécrètent une substance adhésive qui pourrait servir de modèle pour d’importantes applications médicales.

moulesLes moules peuvent s’accrocher aux rochers et y rester coller fermement quelque soit l’agitation de la mer et les conditions climatiques. grâce à un ensemble de filaments à la fois résistants et élastiques, le byssus.
Cette remarquable capacité est due à la sécrétion de protéines ayant une forte concentration d'un acide aminé appelé DOPA (dihydroxyphenylalanine ).
« Cette colle de moule » durcit rapidement en milieu aqueux et résiste à de très fortes pressions. Elle est en mesure de coller avec une constance et une force inégalée sur quasiment toutes surfaces, inorganiques comme organiques, sèches ou mouillées

L’équipe du Docteur Phillip Messersmith, professeur d'ingénierie biomédicale à l'université Northwestern près de Chicago, a eu l’idée de copier la nature et de synthétiser un nouveau matériau à base de DOPA pour diverses applications médicales.
A Boston, lors de la dernière Conférence de l’ AAAS (American Association for the Advancement of Science) il en a donné plusieurs exemples pour la réparation ou la reconstruction de tissus dans le corps humain.
Ainsi la première application pour ce nouvel adhésif s’inspirant de celui produit par la moule serait la réparation de trous dans la membrane fœtale responsable de fausses-couches ou de naissances prématurées, actuellement très compliquées à traiter.
Le Docteur Messersmith a encore indiqué qu’il serait possible de “fabriquer des timbres qui colleront au pancréas et sécréteront de l’insuline » ou encore de réparer des dents ou des os fracturés.
Dans un autre domaine,l’équipe de Chicago travaille sur des hydrogels antibactériens à base de ses nouvelles mocécules et d’ions d’argent à faible concentration.
Enfin, peut-être plus révolutionnaire encore, les chercheurs de Chicago travaillent sur des polymères “collés” in situ dans l’environnement humide particulièrement difficile du corps humain et capables de libérer de façon programmée des molécules anti-cancéreuses.
Pour en savoir plus : voir le site de l’équipe du professeur Messersmith

Merveilleux papillons

Deux sétois: Christian Corraze  et Robert MAZEL viennent de publier " Calendrier anecdotique illustré des lépidoptères méditerranéens en France".
Christian  Corraze (responsable de l'Imprimerie municipale de Sète) a effectué l’ensemble des nombreuses illustrations (photographies et pastels). Robert Mazel est l’entomologiste de service. Ce livre est remarquablement bien fait, c’est l’Association Roussillonnaise d’Entomologie de Perpignan qui en est l’éditeur, mais on ne peut acheter cet ouvrage que par Internet sur http://r.a.r.e.free.fr/.  Ouvrage scientifique  certes mais à la portée de tous avec une iconographie absolument remarquable . Tout sur nos papillons qu'il n'est pas interdit de chasser à la Brassens...

L'histoire du monde

L'histoire du monde, du big bang à aujourd'hui en 2 heures!

Et encore plus court : l'histoire de l'humanité en 2mn !

De l’électricité grâce aux bactéries

Des chercheurs du département des sciences biologiques de l’université anglaise d’East Anglia viennent de réussir une percée scientifique qui laisse entrevoir la possibilité de produire de l’électricité grâce à des bactéries. 

On est encore loin d’une « bio-batterie » mais on entrevoit cette possibilité après une publication faite il y a quelques jours par le Docteur Tom Clark et son équipe dans le magazine scientifique PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences).
Les chercheurs ont en effet montré que dans certaines conditions des protéines de la surface de bactéries peuvent produire de l’électricité lors d’un simple contact avec un minéral ou une surface métallique.
Partant de cette observation ils ont développé une bactérie artificielle dérivée d’une bactérie marine la Shewanella oneidensis. Après avoir isolé la protéine capable d’extraire les électrons de l’intérieur de la bactérie et de la transférer au minéral, ils ont incorporé cette protéine à la membrane d’une capsule lipidique simulant la membrane d’une bactérie. Cette bactérie « synthétique » s’est alors révélée capable de transférer des electrons de l’intérieur de la capsule à un récepteur métallique extérieur.

Selon Tom Clarke « ces bactéries offrent un grand potentiel pour la réalisation de « piles à combustible microbiennes » produisant de l'électricité à partir des déchets domestiques ou agricoles ». Une autre possibilité serait « d'utiliser ces bactéries comme des usines électrochimique miniatures à la surface d'électrodes où l’électricité produite activerait les réactions chimiques à l'intérieur de la cellule »

Le projet NAPPEX en Pays de Thau

NAPPEX : Nurserie Artificielle Pour les Ports Exemplaires

L’objectif du projet NAPPEX est de transformer les zones portuaires en véritables refuges pour les larves de poisson afin d’accroitre la biodiversité de nos côtes. et faire face à l’effondrement constaté des stocks de poissons.
Le principe : utiliser les ports comme nurseries. Pour cela, des habitats d’émancipation de type BioHut® seront installés au niveau des quais et sous les pontons de 6 ports pilotes.
 Agde et Mèze fon partie des 6 ports impliqués dans ce projet piloté par la société montpelliéraine Ecocéan.
 Il s’agit, pour les concepteurs de développer un procédé industriel clé en main pour les gestionnaires maritimes et portuaires visant à maintenir voire à enrichir la biodiversité du littoral Languedocien.

Au début du mois de mars, 9 modules BioHut® seront installés dans le port de Mèze. Six seront fixés sur les quais et 3 sous les pontons flottants.
Des plongeurs scientifiques viendront ensuite réaliser, durant le printemps et l’été, des comptages visuels réguliers des populations de jeunes poissons qui auront investi ces nurseries artificielles.

Ce projet est lauréat de l’appel à projet « génie écologique » lancé dans le cadre de la Stratégie Nationale pour la Biodiversité par le Ministère en charge de l’écologie. Il est financé par l’agence de l’eau Rhône, Méditerranée, Corse et le conseil général de l’Hérault.

Transports propres : recharge par induction

Le déploiement d'infrastructures publiques de recharges constitue une nécessité pour favoriser l'usage de véhicules électriques tout en assurant un niveau de sécurité optimale aux usagers.

Dans ce contexte, l'infrastructure de recharge solaire par induction, testée en Alsace à Haguenau, pourrait connaître un essor important.

Le principe est d'utiliser l'induction électromagnétique entre deux bobines. pour le rechargement des batteries Ce champ magnétique rend la circulation du courant électrique possible, la deuxième bobine devant être située sous le châssis du véhicule.

Pour les vélos électiques, dans le système testé à Hagueneau, les panneaux solaires de l'abri du parking des deux roues assurent la production d'électricité tandis que, comme pour les voitures, les batteries des vélos sont rechargées sans aucun branchement grâce à un champ magnétique émis depuis une plaque au sol. De quoi garantir une recharge "zéro carbone" en l'absence totale de risque d'électrocution même par temps de pluie.

Notre région est une des plus ensoleillée de France, elle devrait donc connaître un avenir prometteur pour le développement de l'énergie solaire et de ses applications, riche en emplois de bonne qualité, pour peu qu'une politique régionale la favorise comme c'est le cas en Alsace, une région pourtant moins ensolleillée que la nôtre.

Changement climatique dans le Midi

Moins de neige, une eau plus rare et aléatoire, des rivières plus basses en été : les nouvelles données du changement climatique obligent à repenser la gestion de l’eau

L’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée et Corse vient de publier un rapport de synthèse des connaissances sur les impacts du changement climatique sur l’eau dans le grand Sud-Est.

Région la plus sensible de France au changement climatique, elle connaît déjà des situations de pénuries d’eau sur 40% de son territoire, d’où l’urgence d’envisager des mesures d’adaptation ambitieuses.

Les faits les plus marquants pour ces territoires seraient, selon les scientifiques :