ANCIENS EDITOS

Concours départemental de pétanque

 

Ce dimanche 26 août, à partir de 15h, au boulodrome des Peupliers, route de Marseillan, la Boule Bessanaise organise un concours départemental de pétanque.

Pour plus d’informations, contacter le : 06 70 17 55 36, ou le : 06 75 04 08 35.

Vente de la Padrime sur le marché dominical

Pour la seconde fois de l’été, ce dimanche 19 août, toute la matinée, sur le marché dominical de Bessan, se tiendra la Padrime, association locale de lutte contre le cancer, pour une vente dont le bénéfice sera entièrement reversé une association dédiée à la recherche et/ou au bien-être des malades.

Elle y proposera de nombreux articles, qui vont des objets de décoration et du linge de maison aux confitures artisanales et vins d'apéritif, le tout réalisé artisanalement tout au long de l’année par les petites mains bénévoles de l’association. Les produits créés, exposés et mis en vente, connaissent toujours un vif succès, notamment une magnifique tortue qui, en juillet, pour sa première sortie, a trouvé si rapidement preneur que beaucoup n’ont pas eu le temps de l’admirer.

A noter : en guise de prélude avant la fête

 

Mercredi 1er août, dès 19h, sur la place de la Promenade, rendez-vous estival mensuel du comité des fêtes, « Le Premier, c’est le Rosé ». Dégustation de rosé, tapas et animation musicale avec Franck Bosca et Estéban Pelegrin. Renseignements : tel. 06 03 13 07 18.

Jeudi 2 août, à partir de 19h30 : soirée dégustation à la cave coopérative « Le Rosé de Bessan ». Un verre sérigraphié est offert à l’entrée. Dégustation des vins de la cave, restauration possible sur place, et animation musicale par Dj Seb. Renseignements et réservations au caveau, tel : 04 67 09 02 63.

Vendredi 3 août, à partir de 20h, place de la Promenade : repas du comité des fêtes avec jambon à la broche. Soirée animée par Duo Sylvie Maubert, et élection de Mister Bessan. Renseignements complémentaires et inscriptions au 06 03 13 07 18.

Dogmatisme

Le Languedoc possède un patrimoine exceptionnellement varié, témoin d'une histoire religieuse mouvementée et d’un brassage de cultures.
Si on connaît bien les Cathares et les Huguenots, on connaît moins l’apport des juifs qui sont présents en Languedoc dès le 1er siècle et celui des musulmans qui n’ont pas fait qu’occuper Narbonne au VIIIe siècle.

Au moyen-âge les juifs de culture arabe installés en Andalousie fuient les persécutions de la dynastie almohade et s’installent en pays d’oc. Ils vont traduire de l’arabe Averroès et d’autres érudits. Ils vont ainsi introduire la pensée arabo-andalouse dans les milieux intellectuels des villes languedociennes. Aux XIIe la dynastie des Ibn Tibbon venue à Montpellier est à l’origine du  développement de l'étude de la philosophie et des sciences de l’une des premières villes universitaires de France.
Au XIIIème siècle les ports du littoral languedocien créent des entrepôts au Maghreb et sur le pourtour méditerranéen. Les vases à décoration islamique découverts dans l’Hérault et exposés au musée de l’Éphèbe d’Agde illustrent cette activité commerciale.
A l’époque le Languedoc était une terre de tolérance ouverte à toutes les cultures. Les temps ont bien changés, la faute au dogme, l’ennemi mortel des religions.

La Torah, la Bible, le Coran  les textes sacrés des  grandes religions monothéistes n’ont pas été écrits par Dieu mais par des hommes. Des hommes qui ont été très nombreux au cours des siècles à transcrire  les paroles ou les pensées des prophètes.
Au fil des ajouts et des traductions la forme a fini par prendre le pas sur le fond, l’accessoire est devenu l’essentiel. Les interdits,  et les rites deviennent les ingrédients d’un discours qui prône la haine entre les personnes et les peuples. Le dogme empêche le croyant de penser par lui-même, il pervertit la foi dès lors qu'il promet le Salut par l'extermination de l'autre.
La haine et la sauvagerie qui opposent aujourd’hui sunnites et chiites n’a  pas grand chose à envier aux guerres de religions de chez nous au cours desquelles  catholiques et protestants s’entretuaient au nom de Dieu.

 Malgré les innombrables versions et variantes, un trait commun se dégage néanmoins des religions du Livre : l’amour du prochain et l’espérance d’un monde où chacun est respecté dans sa dignité.

 Celui qui affiche les signes extérieurs de sa foi, exprime haut et fort son amour de Dieu, suit des rites et des traditions strictes peut très bien n’être qu’un individu méprisable dont le comportement personnel est aux antipodes de la religion qu’il prétend défendre.

Le vrai croyant est celui qui accorde ses actes avec un message d’ouverture et d’amour aux autres. Le respectable est celui qui se préoccupe de son prochain, qu’il aille à l’église, à la mosquée, à la synagogue ou qu’il ne fréquente aucun lieu de culte. Tout le reste n’est qu’apparence, idéologie ou manipulation dangereuse au profit de quelques uns.

 Jacques Carles

 

Dépistage du cancer du sein avec le Mammobile

Dépistage du cancer du sein avec le Mammobile L’association « Dépistages 34 » invite les femmes concernées à faire un dépistage du cancer du sein dans le département de l’Hérault.

Le Mammobile départemental s’adresse aux femmes de 50 à 74 ans. Il sera à Bessan le lundi 23 juillet, de 8h30 à 12h30, sans interruption, place de la Promenade. Des invitations ont été adressées aux femmes concernées.

Les femmes ayant reçu une invitation à domicile peuvent s’y rendre directement, mais aussi choisir un autre lieu de passage : le calendrier se trouve au dos de l’invitation. Les personnes n’ayant pas reçu d’invitation peuvent également s’y rendre spontanément, munies de l’attestation papier de sécurité sociale.

Le mammotest est un examen radiographique des seins, aussi appelé mammographie. Il doit être pratiqué tous les deux ans, et il est financé par les caisses d’assurance maladie et l’Etat.

Pour toutes questions, contacter le 04 99 23 33 53.

Le sens de l’histoire

De nos jours rares sont les journaux ou les émissions de télé qui vont au fond des choses. La plupart délivrent de l’infospectacle ou nous abreuvent d’images négatives. Ils nous montrent un monde où tout est danger, un monde qui fait peur. Ils n’expliquent plus, ils mettent en scène des situations plus ou moins vraies à forte dose émotionnelle. L’analyse a laissé la place à l’instantané et à la recherche du sensationnel.

Plus grave encore l’internet avec ses réseaux sociaux et ses blogueurs diffuse maintenant des informations non vérifiées. Chaque jour un tsunami de rumeurs, de demi-vérité voire de purs mensonges inonde la toile.

Et pourtant l’internet n’est pas qu’un simple outil de propagande et de désinformation. En quelques années, il est devenu une formidable place publique qui permet aux citoyens de s’exprimer.
Malgré l’extrême difficulté de faire la part des choses dans les flux d’informations qui nous parviennent de cette agora, il est clair que nos concitoyens sont plein d'idées pour sortir d'une crise qui nous lamine depuis des décennies.

L’histoire est pleine d’exemples de crises qui débouchent sur des changements radicaux. Si Les citoyens ont encore du mal à clairement identifier ce qui se passe ils sentent bien que notre monde change. Ils peinent encore à donner un nom à leur désespérance mais ils perçoivent cependant qu’avec les nouvelles technologies l’air du temps est aussi aux idées neuves

Depuis toujours les nouvelles techniques et les nouvelles idées ont produit de grands changements dans nos sociétés ; une fois encore elles vont bousculer nos façons de vivre et de penser collectivement.

Avec une mise en commun toujours plus aisée des objets, même une notion aussi ancrée que propriété individuelle se relativise via le développement de la mutualisation des objets, la location, les achats groupés et autres coopératives citoyennes.
L’intelligence artificielle s’intègre aux voitures, aux maisons, aux hôpitaux. Dans l’entreprise ces machines qui prendront au moins en partie la place des cerveaux n’a pas fini de bousculer le marché de l’emploi. Souhaitons simplement que la dignité du travail puisse être prise en compte autant que le profit pour orienter l’économie

Ces évolutions encore difficile à énumérer et à expliciter clairement, ne tarderont pas à se préciser puis à s’imposer.
Suffiront-elles pour résoudre les grands problèmes planétaires de l’environnement et des tensions entre nations ?
En Europe, la France, à la suite de Jean Monnet, a su œuvrer pour que s’instaure une paix durable après deux mille ans de guerres incessantes qui ont ravagé notre continent.
Le peuple français saura-t-il de nouveau orienter l’histoire et faire en sorte que les rêves de liberté, de justice et d’humanité ne se terminent pas par la dictature et l’oppression ?

Jacques Carles

La cocotte-minute va-t-elle bientôt siffler ?

Depuis des siècles, partout en Europe, les causes profondes des révoltes sont toujours les mêmes : un État avec des caisses vides, un endettement abyssal, une fiscalité écrasante, des inégalités et une insécurité croissantes. Dans un tel contexte c’est le plus souvent la jeunesse, sans perspective d’avenir, qui déclenche le processus insurrectionnel.

Selon l’INSEE, la France compte près de 9 millions de personnes vivant en deçà du seuil de pauvreté. La moitié d’entre elles sont des jeunes de moins de 30 ans, chômeurs, stagiaires, précaires allant de petits boulots en petits boulots. La situation dans le Midi est plus dégradée encore que dans le reste du pays et dans certaines villes de l’Hérault le chômage des jeunes dépasse même les 50%, tout comme en Grèce.

Dans ce contexte, un sondage indique que les deux tiers des 18-34 ans interrogés sont prêts à participer à un mouvement de révolte de grande ampleur. Lors des récentes élections présidentielles, seule une minorité de jeunes s’est rendue aux urnes et parmi eux 60% ont voté pour les extrêmes.

Cette défiance entre la classe dirigeante et la jeunesse est révélatrice du divorce entre les élites installées et les nouvelles générations. Elle explique aussi pourquoi les syndicats et les partis ne parviennent plus à mobiliser à leur profit ce potentiel de révolte. Les jeunes d’aujourd’hui préfèrent les mouvements organisés en coordinations ou en collectifs selon des modèles de démocratie directe.

Pour ces enfants de la société de consommation, l’accès à l’emploi, au confort matériel et à des rémunérations décentes sont des évidences à défendre. Ils ne renoncent pas pour autant aux valeurs fondamentales de la République. Ils aspirent à un idéal de justice et d’équité. Ils veulent s’épanouir et vivre le mieux possible mais pas au détriment des autres. Ils redécouvrent les vertus de la solidarité. Enfin, contrairement aux idéologues, ils prônent la tolérance et non l’uniformité des mœurs et des esprits.
Comme dans le passé les jeunes d’aujourd’hui souhaitent se réaliser et participer utilement à la vie de la société. Ils supportent donc de plus en plus mal cette longue période de marginalité qui leur est imposée entre la fin des études et l'obtention d'un emploi stable.

La nouvelle équipe au pouvoir semble avoir les moyens et les compétences pour faire bouger les lignes mais le risque est grand qu’elle ne le fasse qu’au seul nom de la rationalité économique.
Certes il est grand temps de retrouver une gestion efficace de la dépense publique et de redonner toute sa place à la valeur travail mais la République ne saurait se réduire à des concepts de productivité ou de flexibilité.

Si le réalisme économique s’impose à l’État et aux citoyens, le “marché” ne peut être le seul fondement de la puissance publique. Les logiques de compétition et de contraintes qui conduisent à l’exclusion des plus faibles et aux conflits ne sont plus les seules à retenir. Les nouvelles générations sont davantage motivées par les valeurs de liberté, d’initiative, de coopération, de convivialité, de projets et de créations de lien social. Ces valeurs sont précisément celles de l’économie moderne qui crée les richesses et les emplois de demain.

Ces valeurs vont se généraliser et s’imposer dans un monde en mutation permanente où les technologies, les objets, les organisations, les métiers ne cessent d’évoluer. Nous vivons une époque de changements mais aussi un changement d’époque.

Face aux mutations incessantes de notre société, le rôle de l’État doit être de maintenir la pérennité des valeurs de la République et de garantir aux citoyens la sécurité nécessaire à la construction de leur avenir et donc de celui de la nation. Le nouveau Président et son gouvernement semblent décider à œuvrer en ce sens. Dont acte ! Il y a urgence à agir : tout laisse à penser que la cocotte-minute va bientôt commencer de siffler.

Jacques Carles

Parking

Agde, Sète, Béziers, Montpellier… Un peu partout les ouvertures ou les projets de nouveaux parkings sont annoncés dans les médias. Il faut y voir un signe du dynamisme actuel des villes de notre région qui apportent une réponse à leurs citoyens et à leurs commerçants qui demandent depuis longtemps une offre supplémentaire de stationnement.

Souhaitons que ces projets soient aussi l’occasion de réflexions prospectives qui intègrent les évolutions technologiques et sociétales à venir car toutes les études réalisées dans le monde montrent que, si on n’y prend pas garde, plus on facilite le stationnement, plus le trafic augmente et plus les villes sont congestionnées ce qui nuit à la santé des citadins, au commerce et à l’économie en général.

En Europe, environ 30 milliards de m2 sont utilisées pour le stationnement des automobiles. De plus cet espace n’est pas utilisé au mieux : les parkings publics sont vides la nuit et peu utilisés les week-ends tout comme les parkings des supermarchés et ceux réservés aux employés dans les administrations et les entreprises. Par ailleurs la voiture individuelle est utilisée en moyenne une heure par jour. Elle est donc inactive 95% de son temps ce qui est une aberration économique justifiée uniquement par l’absence de solution alternative satisfaisante pour répondre aux besoins de mobilité des citoyens.

Dans les villes où la qualité de vie des citadins redevient la priorité, l’urbanisme cesse d’être pensé autour de la voiture. Les gens ne vont pas en ville parce qu’il y a des parkings mais parce qu’ils y trouvent de l’emploi, des commerces attractifs ou des activités de loisirs. La question pertinente n’est donc plus : « doit-on créer un parking ? » mais « comment un nouveau parking peut-il préparer la mobilité du futur ? »

Un peu partout, la tendance est à la réduction de la place de la voiture pour favoriser la marche à pied, le vélo ou les transports en commun. A cette fin, le stationnement devient plus restrictif et les tarifs dissuasifs.

Pour l’architecte danois Jan Gehl, très écouté des urbanistes, le modèle en terme d’aménagement est Venise, la ville avec  ses canaux, ses petits ponts, ses places et ses innombrables ruelles où le piéton est roi. Pour ce défenseur de la cité à l’échelle humaine, les villes dédiées au tout automobile, comme Brasilia ou Los Angeles, sont des modèles dépassés.

Pour Jan Gehl, la ville doit être conçue pour encourager le vélo et plus encore la marche, le mode de déplacement naturel de l’homme. Copenhague, sa ville natale, fut ainsi la première ville d’Europe à réduire la circulation automobile et le nombre des places de stationnement en centre-ville. En 40 ans, malgré un climat rigoureux,  le vélo s’est imposé comme moyen de transport et la superficie allouée aux piétons a été multipliée par 7. Résultat : 84% des habitants n’utilisent plus la voiture pour se rendre au travail et l’activité économique du centre-ville s’est accrue avec l’augmentation de la fréquentation piétonnière.
Le visionnaire danois a fait des émules en Suisse où la municipalité de Zurich a figé le nombre de places de stationnement dès 1996 : tout projet de nouveau parking n’a été accepté qu’avec la contrepartie d’éliminer des places de stationnement ailleurs en ville. Comme à Copenhague,  l’usage de la voiture reflue peu à peu à Zurich et de l’espace public est rendu aux piétons et aux cyclistes.

A New-York  la création de zones sans voitures autour de Madison Square, Herald Square et Time Square se sont traduits par une pacification et une baisse de la criminalité dans ces quartiers.

Dans les villes dynamiques d’Australie, “walkability” et “cyclability” (facilité pour se déplacer à pied et  vélo) sont devenus des critères essentiels pour sélectionner le quartier où il fait bon vivre.

Paris, São Paulo, San Francisco, Philadelphie,  Beijing, Shenzhen, Guangzhou et d’innombrables villes, petites ou grandes, suivent à présent ces exemples. Partout la tendance est à la densification des zones urbaines et aux mesures pour  regrouper travail, vie sociale et loisirs sur le même espace urbain.

Enfin, dans les villes en pointe, les responsables de l’urbanisme anticipent par ailleurs le tsunami des évolutions sociétales et des nouvelles technologies qui va bientôt modifier profondément les déplacements en ville.

Pour les jeunes générations la voiture n’a déjà plus la même importance qu’elle avait pour les aînés. Posséder une voiture n’est plus aussi indispensable que par le passé. Le co-voiturage ou l’auto-partage se développent. Blablacar connaît une croissance à deux chiffres. Car2go, avec son offre de location en libre service total, rencontre un franc succès dans de nombreuses villes d’Europe. Les parkings eux-mêmes se mutualisent  comme l’illustre la ville de Nantes avec son projet Îlink.

Cette tendance vers la mobilité partagée ne pourra que s’accentuer avec l’électrification du parc automobile et, plus encore, avec l’arrivée, dans les prochaines décennies, de la voiture autonome sans chauffeur.  Cette dernière va  transformer radicalement l’organisation des voies de circulation et l’infrastructure urbaine. Elle va non seulement rendre obsolètes les feux tricolores ou les panneaux de signalisation mais elle va aussi libérer de l’espace public pour les piétons et les vélos.

Comme les  véhicules autonomes circuleront en permanence pour récupérer les usagers qui commanderont le service depuis leurs smartphones, le nombre de véhicules circulant en ville pourrait être réduit de 90% à terme estime Philippe Crist, un expert reconnu travaillant pour l’OCDE. Le besoin en places de stationnement et en parkings diminuera alors considérablement. Certains opérateurs travaillent d’ailleurs déjà à leur reconversion : Indigo par exemple envisage que ses parkings puissent devenir des relais pour le chargement électriques ou même un drive pour les produits de l’agriculture urbaine.

Dans ce contexte, les  projets de nouveaux parkings dans les villes de notre littoral peuvent être d’excellentes opportunités pour aller plus loin et préparer l’avenir à moyen terme de la mobilité douce dans notre région.

Jacques Carles

Il y a urgence à penser le temps long

La vie quotidienne demande de la rapidité. On va au fast-food en voiture. Notre pizza doit être livrée en moins de 30 minutes. On met un plat surgelé au four à micro-ondes pour pourvoir le consommer dans les 5 mn. Amazon propose ses livraisons en 1 jour ouvré. La « Caisse éclair » de la banque permet aux clients de retirer de l'argent sans attendre aux guichets. On s’impatiente dès qu’un téléchargement d’une page internet dure plus de 2 secondes. Au travail, la recherche de la productivité est devenue une obsession. Le « juste à temps » s’est généralisé dans la logistique. Pour le responsable de projet, le respect des délais est un impératif de sa feuille de route. Dans tous les secteurs, comme sur un vélo, il nous faut pédaler vite pour éviter de tomber.

Pas de temps à perdre non plus dans la vie sentimentale : on drague en trois clics sur « meetic » ou sur « adopte-un-mec » et si ça ne marche pas on participe à un « speed dating ».

Notre société moderne aime la vitesse : tout ce qui va vite est bien. Le progrès technologique permet de passer de moins en moins de temps pour réaliser une tâche ou une activité donnée. Ce progrès devrait donc nous permettre de gagner du temps. Alors pourquoi avons-nous l’impression d’être débordés en permanence, d’être « surbookés » et de manquer de plus en plus de temps libre? Pourquoi en arrivons-nous à faire plusieurs choses à la fois : manger en regardant la télévision, téléphoner en conduisant, etc ?
La  raison en est que non seulement le progrès va vite mais qu’il multiplie aussi les tâches et les activités à faire. Il y a un siècle, un français écrivait en moyenne une lettre par mois et cela lui prenait une heure. Aujourd’hui il rédige un email en 5 minutes et un SMS en moins d’une minute mais dans le même temps ses contacts se sont multipliés ce qui fait qu’au total il consacre à présent plus de 10 heures par mois à sa messagerie électronique et à son téléphone portable.
Il y a un siècle, l’Européen mettait moins d’une demi-heure pour se rendre à pied à son travail, à l’usine ou aux champs, situé à environ 3 km de sa maison. Aujourd’hui il a une voiture capable de rouler à plus de 100 km/h mais, avec la circulation et les bouchons, il met plus d’une heure pour parcourir les 30 km qui sépare son domicile de son lieu de travail. La machine à laver nous a permis de gagner du temps pour laver le linge mais on le lave plus souvent. La société de consommation nous a comblé de biens matériels (télévision, ordinateur, jeux vidéo...) mais chacun d’eux sont autant de sollicitations chronophages. La technologie en tant que telle n’est donc pas la cause intrinsèque de notre manque de temps, c’est l’accélération du volume de progrès qui est à l’origine de cet effet pervers

Plus insidieux, l’accélération du rythme du changement social induit aussi une confusion entre la notion de vie réussie et celle de vie bien remplie.
L’objectif dans nos sociétés occidentales est de multiplier les expériences et de faire mille choses : du sport, de la musique voyager, aller au spectacle, changer de métier, changer de conjoint, etc. En allant plus vite on peut en théorie faire plus de choses dans une vie. La réalité est que le stress qui en découle tend à nous à nous gâcher la vie.

Dans le domaine politique, l’accélération des décisions peut être justifiée dans des situations d’urgence ou de crises profondes mais l’urgence permanente ou l’hyperactivité des responsables peut aussi avoir des effets pervers. L’obsession de la rapidité appauvrit la réflexion, elle induit une absence d’analyse approfondie des situations ou des problèmes. Les questions d’actualité constituent occupent trop souvent le devant de la scène. Faute d’avoir réfléchi avant d’agir, on se retrouve en permanence à devoir corriger des effets non anticipés. Le court terme prend tout le champ de la pensée politique alors que l’urgence est de traiter les problèmes de long terme comme le climat, l’eau, le nucléaire, etc. La vitesse en politique conduit enfin à réduire les phases de concertations et finalement à limiter le jeu démocratique.

Jacques Carles

Un escalier se balaye en commençant par le haut

Le gouvernement annonce un plan de départ volontaire de 120.000 fonctionnaires. Beaucoup vont applaudir car l’opinion, façonnée par les discours des médias dominants, a trouvé son bouc émissaire : la fonction publique. Trop nombreux et pas assez efficaces, les fonctionnaires coûtent trop chers.

Ce pilonnage anti-fonctionnaire résulte cependant plus d’une posture idéologique que d’une analyse objective de la situation. Dans bien des cas ce n’est pas de trop de fonctionnaires dont nous souffrons mais au contraire de pas assez ! L’hôpital avec son manque chronique de personnel soignant, les quartiers sensibles désertés par la police ou encore l’insuffisant accompagnement d’une jeunesse à la dérive sont là pour nous le rappeler.

La privatisation, autre obsession de la pensée libérale, a aussi ses effets pervers. L’eau du privé coûte-t-elle moins cher que l’eau des régies municipales ? La poste ou la SNCF fonctionnent elles mieux depuis que le privé a repris des pans entiers de leurs activités ?

Le privé est-il le bien parfait ? Le public est-il le mal absolu ? Sont-ils même si différents ?
Il y a autant de petits barons exécrables préoccupés de leur propre ego ou de leur carrière dans le privé que dans la fonction publique. Il y a autant de petites mains payées chichement qui font tourner la boutique avec abnégation dans les deux secteurs. Qu’est ce qui distingue la standardiste du privé qui doit faire face à un client grincheux d’une standardiste du public qui doit expliquer à un "usager" pourquoi sa demande n’a pas été acceptée ?

Comme partout, il y a des tire-au-flanc dans la fonction publique mais il y a aussi des personnes impliquées qui font marcher un système qui marche souvent sur la tête. Tout comme le privé, le public recourt aux contrats précaires et prend des libertés avec le droit du travail pour pallier les effets pervers d’une gestion centralisée. Il y a des services défaillants dans le public comme il y a des entreprises en faillite dans le privé. Opposer public et privé ne fait qu’entraîner un nivellement par le bas des conditions de travail et des salaires.

La mode est à la réduction du nombre de fonctionnaires mais paradoxalement, dans le même temps, en France et en Europe, on n’a jamais autant généré de lois, de règlements et de directives qui aboutissent à une augmentation de la bureaucratie rendant plus difficile la tâche des services publics dont on réduit les moyens.

Les pays scandinaves, dont la proportion d’emploi public est plus élevée qu’en France (30% en Suède contre 20% en France) sont ceux qui s’en sortent le mieux. Leur qualité de vie reste un exemple et ils ont su préserver une croissance supérieure à la nôtre.
La Grèce moribonde, avant même son "sauvetage" par l’Europe et le FMI, affichait un taux d’emploi public de 6%, un taux parmi les plus faibles du monde occidental. Un faible taux d’emploi public n’est donc pas synonyme de vertu.

Le déficit public de la France n’est pas dû aux fonctionnaires, il est d’abord le fait d’une mauvaise gestion. Air Sarko One, l’avion de luxe du Président Sarkozy était-il un investissement opportun ? La construction d’un hôtel de région pharaonique à Montpellier par Georges Frêche était-il judicieux ? Le même Georges Frêche qui à peine en fonction faisait refaire son cabinet de toilette et commandait l’achat d’un porte-balayette à 396 euros signé Philippe Starck gérait-il bien l’argent public ?

Réduire le nombre de fonctionnaires sans revaloriser leurs missions et sans corriger les méthodes de gestion ne pourra qu’aggraver encore la situation du pays. La haute fonction publique et les élus doivent donner l’exemple. Dans ce domaine comme dans d’autres, un escalier se balaye en commençant par le haut.

Jacques Carles

Coup de gueule

 

We live in a wonderful area of France... we have everything : the sea, mountains, countryside, a heritage from various invasions, a superb architectural heritage.
And yet...
Having lived in America, worked with Japan, Asia, europe, maybe I have a slight different view over things, but I must say that we are far from being ready to host tourists.
Why ?
The economic ressource of Occitania is our heritage, and therefore tourism, and vineyards.
Imagine a person out of work here, he understands that and wants to find through the unemployment agency an english class. They send him into a class where he's got headphones on his ears and no teacher. No teacher, no explanations, and of course this is expensive for those who pay taxes...
Who buys our wines ? Who's interested in our heritage ? The august french tourists who go to the beach and eat their sandwiches there ? And who finally comes to Occitania because it's cheaper than the Riviera ?
Or the foreigner, interested in architecture, fond of French history, who's going to rent a room in a castle, hire people, have boxes of wines exported to the USA or Japan, local artisanal products...
We're missing our target.
Nothing is ready.
What are we waiting for to train those kids to host those tourists who are our only chance ?
English ? Of course, a must ! But what about Japanese people ? Here are passionate people, full of respect, who come here to spend, who select our region (because they get lost as in their country no one heard about Occitania), and who are hosted by french people speaking an english as bad as theirs, and not always welcoming.
What are we waiting for ?

Florence de Martino

   

On vit dans une région magnifique... un patrimoine qui date, les rose croix, les templiers, les arabes, tous ont laissé des vestiges du passé, un patrimoine architectural fabuleux. Et on a tout !: la mer, la montagne, la campagne...
Et pourtant...
Ayant vécu aux Etats-Unis, travaillé avec le Japon, l'Asie, les européens, j'ai peut-être une déformation mais force m'est de constater que par rapport à certaines régions de France plus prêtes à accueillir des touristes, nous sommes loin d'être prêts.
Pourquoi ?
Notre richesse est le patrimoine, donc le tourisme et ce qui va avec, les vignobles.
Imaginez un chômeur qui en a conscience et veut se reconvertir, voire suivre une formation. Ces gens là, on les envoie vers des formations linguistiques où on leur pose un casque sur les oreilles, et débrouilles toi. Pas de prof, pas de formateur, pas d'explications, et cela nous coûte, nous contribuables, pas mal de sous...
Qui achète nos vins ? Qui s'intéresse à notre patrimoine ? L'aoûtien qui cherche la plage, et va manger son sandwich ? Et qui vient en Occitanie parce que finalement çà coûte moins cher que la Côte d'Azur ?
Ou l'étranger, féru d'architecture, passionné d'histoire de France, qui va louer un logement en château, louer des voitures sur place, embaucher du personnel, se faire envoyer aux Etats-Unis ou au Japon des caisses de vin, des productions artisanales locales...
On se trompe de cible.
On n'a rien de prêt.
Qu'attendons nous pour former tous ces jeunes à l'accueil de ces touristes qui sont un filon pour notre Occitanie ?
L'anglais ? Of course, obligatoire ! Mais quid des Japonais ? Voilà des gens passionnés, respectueux, dépensiers, qui choisissent notre région (quand ils se perdent, parce que chez eux, l'Occitanie, on n'en a jamais entendu parler bizarrement...) et qui sont reçus par des hôtes bredouillant un anglais aussi mauvais que le leur, et pas toujours accueillants.

On attend quoi ?

Florence de Martino