ANCIENS EDITOS

Le sens de l’histoire

De nos jours rares sont les journaux ou les émissions de télé qui vont au fond des choses. La plupart délivrent de l’infospectacle ou nous abreuvent d’images négatives. Ils nous montrent un monde où tout est danger, un monde qui fait peur. Ils n’expliquent plus, ils mettent en scène des situations plus ou moins vraies à forte dose émotionnelle. L’analyse a laissé la place à l’instantané et à la recherche du sensationnel.

Plus grave encore l’internet avec ses réseaux sociaux et ses blogueurs diffuse maintenant des informations non vérifiées. Chaque jour un tsunami de rumeurs, de demi-vérité voire de purs mensonges inonde la toile.

Et pourtant l’internet n’est pas qu’un simple outil de propagande et de désinformation. En quelques années, il est devenu une formidable place publique qui permet aux citoyens de s’exprimer.
Malgré l’extrême difficulté de faire la part des choses dans les flux d’informations qui nous parviennent de cette agora, il est clair que nos concitoyens sont plein d'idées pour sortir d'une crise qui nous lamine depuis des décennies.

L’histoire est pleine d’exemples de crises qui débouchent sur des changements radicaux. Si Les citoyens ont encore du mal à clairement identifier ce qui se passe ils sentent bien que notre monde change. Ils peinent encore à donner un nom à leur désespérance mais ils perçoivent cependant qu’avec les nouvelles technologies l’air du temps est aussi aux idées neuves

Depuis toujours les nouvelles techniques et les nouvelles idées ont produit de grands changements dans nos sociétés ; une fois encore elles vont bousculer nos façons de vivre et de penser collectivement.

Avec une mise en commun toujours plus aisée des objets, même une notion aussi ancrée que propriété individuelle se relativise via le développement de la mutualisation des objets, la location, les achats groupés et autres coopératives citoyennes.
L’intelligence artificielle s’intègre aux voitures, aux maisons, aux hôpitaux. Dans l’entreprise ces machines qui prendront au moins en partie la place des cerveaux n’a pas fini de bousculer le marché de l’emploi. Souhaitons simplement que la dignité du travail puisse être prise en compte autant que le profit pour orienter l’économie

Ces évolutions encore difficile à énumérer et à expliciter clairement, ne tarderont pas à se préciser puis à s’imposer.
Suffiront-elles pour résoudre les grands problèmes planétaires de l’environnement et des tensions entre nations ?
En Europe, la France, à la suite de Jean Monnet, a su œuvrer pour que s’instaure une paix durable après deux mille ans de guerres incessantes qui ont ravagé notre continent.
Le peuple français saura-t-il de nouveau orienter l’histoire et faire en sorte que les rêves de liberté, de justice et d’humanité ne se terminent pas par la dictature et l’oppression ?

Jacques Carles

La cocotte-minute va-t-elle bientôt siffler ?

Depuis des siècles, partout en Europe, les causes profondes des révoltes sont toujours les mêmes : un État avec des caisses vides, un endettement abyssal, une fiscalité écrasante, des inégalités et une insécurité croissantes. Dans un tel contexte c’est le plus souvent la jeunesse, sans perspective d’avenir, qui déclenche le processus insurrectionnel.

Selon l’INSEE, la France compte près de 9 millions de personnes vivant en deçà du seuil de pauvreté. La moitié d’entre elles sont des jeunes de moins de 30 ans, chômeurs, stagiaires, précaires allant de petits boulots en petits boulots. La situation dans le Midi est plus dégradée encore que dans le reste du pays et dans certaines villes de l’Hérault le chômage des jeunes dépasse même les 50%, tout comme en Grèce.

Dans ce contexte, un sondage indique que les deux tiers des 18-34 ans interrogés sont prêts à participer à un mouvement de révolte de grande ampleur. Lors des récentes élections présidentielles, seule une minorité de jeunes s’est rendue aux urnes et parmi eux 60% ont voté pour les extrêmes.

Cette défiance entre la classe dirigeante et la jeunesse est révélatrice du divorce entre les élites installées et les nouvelles générations. Elle explique aussi pourquoi les syndicats et les partis ne parviennent plus à mobiliser à leur profit ce potentiel de révolte. Les jeunes d’aujourd’hui préfèrent les mouvements organisés en coordinations ou en collectifs selon des modèles de démocratie directe.

Pour ces enfants de la société de consommation, l’accès à l’emploi, au confort matériel et à des rémunérations décentes sont des évidences à défendre. Ils ne renoncent pas pour autant aux valeurs fondamentales de la République. Ils aspirent à un idéal de justice et d’équité. Ils veulent s’épanouir et vivre le mieux possible mais pas au détriment des autres. Ils redécouvrent les vertus de la solidarité. Enfin, contrairement aux idéologues, ils prônent la tolérance et non l’uniformité des mœurs et des esprits.
Comme dans le passé les jeunes d’aujourd’hui souhaitent se réaliser et participer utilement à la vie de la société. Ils supportent donc de plus en plus mal cette longue période de marginalité qui leur est imposée entre la fin des études et l'obtention d'un emploi stable.

La nouvelle équipe au pouvoir semble avoir les moyens et les compétences pour faire bouger les lignes mais le risque est grand qu’elle ne le fasse qu’au seul nom de la rationalité économique.
Certes il est grand temps de retrouver une gestion efficace de la dépense publique et de redonner toute sa place à la valeur travail mais la République ne saurait se réduire à des concepts de productivité ou de flexibilité.

Si le réalisme économique s’impose à l’État et aux citoyens, le “marché” ne peut être le seul fondement de la puissance publique. Les logiques de compétition et de contraintes qui conduisent à l’exclusion des plus faibles et aux conflits ne sont plus les seules à retenir. Les nouvelles générations sont davantage motivées par les valeurs de liberté, d’initiative, de coopération, de convivialité, de projets et de créations de lien social. Ces valeurs sont précisément celles de l’économie moderne qui crée les richesses et les emplois de demain.

Ces valeurs vont se généraliser et s’imposer dans un monde en mutation permanente où les technologies, les objets, les organisations, les métiers ne cessent d’évoluer. Nous vivons une époque de changements mais aussi un changement d’époque.

Face aux mutations incessantes de notre société, le rôle de l’État doit être de maintenir la pérennité des valeurs de la République et de garantir aux citoyens la sécurité nécessaire à la construction de leur avenir et donc de celui de la nation. Le nouveau Président et son gouvernement semblent décider à œuvrer en ce sens. Dont acte ! Il y a urgence à agir : tout laisse à penser que la cocotte-minute va bientôt commencer de siffler.

Jacques Carles

Parking

Agde, Sète, Béziers, Montpellier… Un peu partout les ouvertures ou les projets de nouveaux parkings sont annoncés dans les médias. Il faut y voir un signe du dynamisme actuel des villes de notre région qui apportent une réponse à leurs citoyens et à leurs commerçants qui demandent depuis longtemps une offre supplémentaire de stationnement.

Souhaitons que ces projets soient aussi l’occasion de réflexions prospectives qui intègrent les évolutions technologiques et sociétales à venir car toutes les études réalisées dans le monde montrent que, si on n’y prend pas garde, plus on facilite le stationnement, plus le trafic augmente et plus les villes sont congestionnées ce qui nuit à la santé des citadins, au commerce et à l’économie en général.

En Europe, environ 30 milliards de m2 sont utilisées pour le stationnement des automobiles. De plus cet espace n’est pas utilisé au mieux : les parkings publics sont vides la nuit et peu utilisés les week-ends tout comme les parkings des supermarchés et ceux réservés aux employés dans les administrations et les entreprises. Par ailleurs la voiture individuelle est utilisée en moyenne une heure par jour. Elle est donc inactive 95% de son temps ce qui est une aberration économique justifiée uniquement par l’absence de solution alternative satisfaisante pour répondre aux besoins de mobilité des citoyens.

Dans les villes où la qualité de vie des citadins redevient la priorité, l’urbanisme cesse d’être pensé autour de la voiture. Les gens ne vont pas en ville parce qu’il y a des parkings mais parce qu’ils y trouvent de l’emploi, des commerces attractifs ou des activités de loisirs. La question pertinente n’est donc plus : « doit-on créer un parking ? » mais « comment un nouveau parking peut-il préparer la mobilité du futur ? »

Un peu partout, la tendance est à la réduction de la place de la voiture pour favoriser la marche à pied, le vélo ou les transports en commun. A cette fin, le stationnement devient plus restrictif et les tarifs dissuasifs.

Pour l’architecte danois Jan Gehl, très écouté des urbanistes, le modèle en terme d’aménagement est Venise, la ville avec  ses canaux, ses petits ponts, ses places et ses innombrables ruelles où le piéton est roi. Pour ce défenseur de la cité à l’échelle humaine, les villes dédiées au tout automobile, comme Brasilia ou Los Angeles, sont des modèles dépassés.

Pour Jan Gehl, la ville doit être conçue pour encourager le vélo et plus encore la marche, le mode de déplacement naturel de l’homme. Copenhague, sa ville natale, fut ainsi la première ville d’Europe à réduire la circulation automobile et le nombre des places de stationnement en centre-ville. En 40 ans, malgré un climat rigoureux,  le vélo s’est imposé comme moyen de transport et la superficie allouée aux piétons a été multipliée par 7. Résultat : 84% des habitants n’utilisent plus la voiture pour se rendre au travail et l’activité économique du centre-ville s’est accrue avec l’augmentation de la fréquentation piétonnière.
Le visionnaire danois a fait des émules en Suisse où la municipalité de Zurich a figé le nombre de places de stationnement dès 1996 : tout projet de nouveau parking n’a été accepté qu’avec la contrepartie d’éliminer des places de stationnement ailleurs en ville. Comme à Copenhague,  l’usage de la voiture reflue peu à peu à Zurich et de l’espace public est rendu aux piétons et aux cyclistes.

A New-York  la création de zones sans voitures autour de Madison Square, Herald Square et Time Square se sont traduits par une pacification et une baisse de la criminalité dans ces quartiers.

Dans les villes dynamiques d’Australie, “walkability” et “cyclability” (facilité pour se déplacer à pied et  vélo) sont devenus des critères essentiels pour sélectionner le quartier où il fait bon vivre.

Paris, São Paulo, San Francisco, Philadelphie,  Beijing, Shenzhen, Guangzhou et d’innombrables villes, petites ou grandes, suivent à présent ces exemples. Partout la tendance est à la densification des zones urbaines et aux mesures pour  regrouper travail, vie sociale et loisirs sur le même espace urbain.

Enfin, dans les villes en pointe, les responsables de l’urbanisme anticipent par ailleurs le tsunami des évolutions sociétales et des nouvelles technologies qui va bientôt modifier profondément les déplacements en ville.

Pour les jeunes générations la voiture n’a déjà plus la même importance qu’elle avait pour les aînés. Posséder une voiture n’est plus aussi indispensable que par le passé. Le co-voiturage ou l’auto-partage se développent. Blablacar connaît une croissance à deux chiffres. Car2go, avec son offre de location en libre service total, rencontre un franc succès dans de nombreuses villes d’Europe. Les parkings eux-mêmes se mutualisent  comme l’illustre la ville de Nantes avec son projet Îlink.

Cette tendance vers la mobilité partagée ne pourra que s’accentuer avec l’électrification du parc automobile et, plus encore, avec l’arrivée, dans les prochaines décennies, de la voiture autonome sans chauffeur.  Cette dernière va  transformer radicalement l’organisation des voies de circulation et l’infrastructure urbaine. Elle va non seulement rendre obsolètes les feux tricolores ou les panneaux de signalisation mais elle va aussi libérer de l’espace public pour les piétons et les vélos.

Comme les  véhicules autonomes circuleront en permanence pour récupérer les usagers qui commanderont le service depuis leurs smartphones, le nombre de véhicules circulant en ville pourrait être réduit de 90% à terme estime Philippe Crist, un expert reconnu travaillant pour l’OCDE. Le besoin en places de stationnement et en parkings diminuera alors considérablement. Certains opérateurs travaillent d’ailleurs déjà à leur reconversion : Indigo par exemple envisage que ses parkings puissent devenir des relais pour le chargement électriques ou même un drive pour les produits de l’agriculture urbaine.

Dans ce contexte, les  projets de nouveaux parkings dans les villes de notre littoral peuvent être d’excellentes opportunités pour aller plus loin et préparer l’avenir à moyen terme de la mobilité douce dans notre région.

Jacques Carles

Il y a urgence à penser le temps long

La vie quotidienne demande de la rapidité. On va au fast-food en voiture. Notre pizza doit être livrée en moins de 30 minutes. On met un plat surgelé au four à micro-ondes pour pourvoir le consommer dans les 5 mn. Amazon propose ses livraisons en 1 jour ouvré. La « Caisse éclair » de la banque permet aux clients de retirer de l'argent sans attendre aux guichets. On s’impatiente dès qu’un téléchargement d’une page internet dure plus de 2 secondes. Au travail, la recherche de la productivité est devenue une obsession. Le « juste à temps » s’est généralisé dans la logistique. Pour le responsable de projet, le respect des délais est un impératif de sa feuille de route. Dans tous les secteurs, comme sur un vélo, il nous faut pédaler vite pour éviter de tomber.

Pas de temps à perdre non plus dans la vie sentimentale : on drague en trois clics sur « meetic » ou sur « adopte-un-mec » et si ça ne marche pas on participe à un « speed dating ».

Notre société moderne aime la vitesse : tout ce qui va vite est bien. Le progrès technologique permet de passer de moins en moins de temps pour réaliser une tâche ou une activité donnée. Ce progrès devrait donc nous permettre de gagner du temps. Alors pourquoi avons-nous l’impression d’être débordés en permanence, d’être « surbookés » et de manquer de plus en plus de temps libre? Pourquoi en arrivons-nous à faire plusieurs choses à la fois : manger en regardant la télévision, téléphoner en conduisant, etc ?
La  raison en est que non seulement le progrès va vite mais qu’il multiplie aussi les tâches et les activités à faire. Il y a un siècle, un français écrivait en moyenne une lettre par mois et cela lui prenait une heure. Aujourd’hui il rédige un email en 5 minutes et un SMS en moins d’une minute mais dans le même temps ses contacts se sont multipliés ce qui fait qu’au total il consacre à présent plus de 10 heures par mois à sa messagerie électronique et à son téléphone portable.
Il y a un siècle, l’Européen mettait moins d’une demi-heure pour se rendre à pied à son travail, à l’usine ou aux champs, situé à environ 3 km de sa maison. Aujourd’hui il a une voiture capable de rouler à plus de 100 km/h mais, avec la circulation et les bouchons, il met plus d’une heure pour parcourir les 30 km qui sépare son domicile de son lieu de travail. La machine à laver nous a permis de gagner du temps pour laver le linge mais on le lave plus souvent. La société de consommation nous a comblé de biens matériels (télévision, ordinateur, jeux vidéo...) mais chacun d’eux sont autant de sollicitations chronophages. La technologie en tant que telle n’est donc pas la cause intrinsèque de notre manque de temps, c’est l’accélération du volume de progrès qui est à l’origine de cet effet pervers

Plus insidieux, l’accélération du rythme du changement social induit aussi une confusion entre la notion de vie réussie et celle de vie bien remplie.
L’objectif dans nos sociétés occidentales est de multiplier les expériences et de faire mille choses : du sport, de la musique voyager, aller au spectacle, changer de métier, changer de conjoint, etc. En allant plus vite on peut en théorie faire plus de choses dans une vie. La réalité est que le stress qui en découle tend à nous à nous gâcher la vie.

Dans le domaine politique, l’accélération des décisions peut être justifiée dans des situations d’urgence ou de crises profondes mais l’urgence permanente ou l’hyperactivité des responsables peut aussi avoir des effets pervers. L’obsession de la rapidité appauvrit la réflexion, elle induit une absence d’analyse approfondie des situations ou des problèmes. Les questions d’actualité constituent occupent trop souvent le devant de la scène. Faute d’avoir réfléchi avant d’agir, on se retrouve en permanence à devoir corriger des effets non anticipés. Le court terme prend tout le champ de la pensée politique alors que l’urgence est de traiter les problèmes de long terme comme le climat, l’eau, le nucléaire, etc. La vitesse en politique conduit enfin à réduire les phases de concertations et finalement à limiter le jeu démocratique.

Jacques Carles

Un escalier se balaye en commençant par le haut

Le gouvernement annonce un plan de départ volontaire de 120.000 fonctionnaires. Beaucoup vont applaudir car l’opinion, façonnée par les discours des médias dominants, a trouvé son bouc émissaire : la fonction publique. Trop nombreux et pas assez efficaces, les fonctionnaires coûtent trop chers.

Ce pilonnage anti-fonctionnaire résulte cependant plus d’une posture idéologique que d’une analyse objective de la situation. Dans bien des cas ce n’est pas de trop de fonctionnaires dont nous souffrons mais au contraire de pas assez ! L’hôpital avec son manque chronique de personnel soignant, les quartiers sensibles désertés par la police ou encore l’insuffisant accompagnement d’une jeunesse à la dérive sont là pour nous le rappeler.

La privatisation, autre obsession de la pensée libérale, a aussi ses effets pervers. L’eau du privé coûte-t-elle moins cher que l’eau des régies municipales ? La poste ou la SNCF fonctionnent elles mieux depuis que le privé a repris des pans entiers de leurs activités ?

Le privé est-il le bien parfait ? Le public est-il le mal absolu ? Sont-ils même si différents ?
Il y a autant de petits barons exécrables préoccupés de leur propre ego ou de leur carrière dans le privé que dans la fonction publique. Il y a autant de petites mains payées chichement qui font tourner la boutique avec abnégation dans les deux secteurs. Qu’est ce qui distingue la standardiste du privé qui doit faire face à un client grincheux d’une standardiste du public qui doit expliquer à un "usager" pourquoi sa demande n’a pas été acceptée ?

Comme partout, il y a des tire-au-flanc dans la fonction publique mais il y a aussi des personnes impliquées qui font marcher un système qui marche souvent sur la tête. Tout comme le privé, le public recourt aux contrats précaires et prend des libertés avec le droit du travail pour pallier les effets pervers d’une gestion centralisée. Il y a des services défaillants dans le public comme il y a des entreprises en faillite dans le privé. Opposer public et privé ne fait qu’entraîner un nivellement par le bas des conditions de travail et des salaires.

La mode est à la réduction du nombre de fonctionnaires mais paradoxalement, dans le même temps, en France et en Europe, on n’a jamais autant généré de lois, de règlements et de directives qui aboutissent à une augmentation de la bureaucratie rendant plus difficile la tâche des services publics dont on réduit les moyens.

Les pays scandinaves, dont la proportion d’emploi public est plus élevée qu’en France (30% en Suède contre 20% en France) sont ceux qui s’en sortent le mieux. Leur qualité de vie reste un exemple et ils ont su préserver une croissance supérieure à la nôtre.
La Grèce moribonde, avant même son "sauvetage" par l’Europe et le FMI, affichait un taux d’emploi public de 6%, un taux parmi les plus faibles du monde occidental. Un faible taux d’emploi public n’est donc pas synonyme de vertu.

Le déficit public de la France n’est pas dû aux fonctionnaires, il est d’abord le fait d’une mauvaise gestion. Air Sarko One, l’avion de luxe du Président Sarkozy était-il un investissement opportun ? La construction d’un hôtel de région pharaonique à Montpellier par Georges Frêche était-il judicieux ? Le même Georges Frêche qui à peine en fonction faisait refaire son cabinet de toilette et commandait l’achat d’un porte-balayette à 396 euros signé Philippe Starck gérait-il bien l’argent public ?

Réduire le nombre de fonctionnaires sans revaloriser leurs missions et sans corriger les méthodes de gestion ne pourra qu’aggraver encore la situation du pays. La haute fonction publique et les élus doivent donner l’exemple. Dans ce domaine comme dans d’autres, un escalier se balaye en commençant par le haut.

Jacques Carles

Coup de gueule

 

We live in a wonderful area of France... we have everything : the sea, mountains, countryside, a heritage from various invasions, a superb architectural heritage.
And yet...
Having lived in America, worked with Japan, Asia, europe, maybe I have a slight different view over things, but I must say that we are far from being ready to host tourists.
Why ?
The economic ressource of Occitania is our heritage, and therefore tourism, and vineyards.
Imagine a person out of work here, he understands that and wants to find through the unemployment agency an english class. They send him into a class where he's got headphones on his ears and no teacher. No teacher, no explanations, and of course this is expensive for those who pay taxes...
Who buys our wines ? Who's interested in our heritage ? The august french tourists who go to the beach and eat their sandwiches there ? And who finally comes to Occitania because it's cheaper than the Riviera ?
Or the foreigner, interested in architecture, fond of French history, who's going to rent a room in a castle, hire people, have boxes of wines exported to the USA or Japan, local artisanal products...
We're missing our target.
Nothing is ready.
What are we waiting for to train those kids to host those tourists who are our only chance ?
English ? Of course, a must ! But what about Japanese people ? Here are passionate people, full of respect, who come here to spend, who select our region (because they get lost as in their country no one heard about Occitania), and who are hosted by french people speaking an english as bad as theirs, and not always welcoming.
What are we waiting for ?

Florence de Martino

   

On vit dans une région magnifique... un patrimoine qui date, les rose croix, les templiers, les arabes, tous ont laissé des vestiges du passé, un patrimoine architectural fabuleux. Et on a tout !: la mer, la montagne, la campagne...
Et pourtant...
Ayant vécu aux Etats-Unis, travaillé avec le Japon, l'Asie, les européens, j'ai peut-être une déformation mais force m'est de constater que par rapport à certaines régions de France plus prêtes à accueillir des touristes, nous sommes loin d'être prêts.
Pourquoi ?
Notre richesse est le patrimoine, donc le tourisme et ce qui va avec, les vignobles.
Imaginez un chômeur qui en a conscience et veut se reconvertir, voire suivre une formation. Ces gens là, on les envoie vers des formations linguistiques où on leur pose un casque sur les oreilles, et débrouilles toi. Pas de prof, pas de formateur, pas d'explications, et cela nous coûte, nous contribuables, pas mal de sous...
Qui achète nos vins ? Qui s'intéresse à notre patrimoine ? L'aoûtien qui cherche la plage, et va manger son sandwich ? Et qui vient en Occitanie parce que finalement çà coûte moins cher que la Côte d'Azur ?
Ou l'étranger, féru d'architecture, passionné d'histoire de France, qui va louer un logement en château, louer des voitures sur place, embaucher du personnel, se faire envoyer aux Etats-Unis ou au Japon des caisses de vin, des productions artisanales locales...
On se trompe de cible.
On n'a rien de prêt.
Qu'attendons nous pour former tous ces jeunes à l'accueil de ces touristes qui sont un filon pour notre Occitanie ?
L'anglais ? Of course, obligatoire ! Mais quid des Japonais ? Voilà des gens passionnés, respectueux, dépensiers, qui choisissent notre région (quand ils se perdent, parce que chez eux, l'Occitanie, on n'en a jamais entendu parler bizarrement...) et qui sont reçus par des hôtes bredouillant un anglais aussi mauvais que le leur, et pas toujours accueillants.

On attend quoi ?

Florence de Martino

De la laïcité aux valeurs de la république

La récente visite du Président de l'Observatoire de la laïcité à Sète est presque passée inaperçue. Dommage.

Si l’origine de la laïcité remonte au siècle des lumières, époque où la France rayonnait non par ses armes mais par ses idées, ce n’est qu’en 1905 qu’elle devient force de loi avec la séparation de l’église et de l’état.

Cette loi affirme que « la République assure la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes ». L’état est neutre par rapport aux options spirituelles. Chacun est libre de suivre la religion qu’il veut ou libre de n’en suivre aucune. Par suite « la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ».

Avec l’émergence d’un nouveau cléricalisme, des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour un retour à l’application rigoureuse de la loi. Elles dénoncent les compromis qui deviennent des compromissions et  les élus, qui par clientélisme électoral, détournent l’argent public pour financer des communautés religieuses. L’impuissance de ces communautés à éradiquer un intégrisme sanglant, ravive par ailleurs une xénophobie tenace.

L’obscurantisme religieux avec ses fous de Dieu qui tuent au nom de leur religion n’est hélas pas nouveau. Les jihadistes  n’ont rien inventé. Moïse demandait déjà aux juifs de massacrer les Cananéens et le Grand Inquisiteur catholique usait du bûcher pour raviver la foi. Le monothéisme n’est plus un progrès quand on voit l’interprétation faite par les fanatiques de la bible ou du Coran. Pour Breivik à Oslo comme pour les frère Kouachi à Paris  « Dieu » n’est plus qu’un alibi pour assassiner à défaut de défendre et de dominer.

Face à ces dangers, les medias se focalisent sur l’accessoire comme le  port du voile ou du foulard.
Les jeunes femmes voilées et ceux qui voient en lui une provocation, seraient bien étonnés d’apprendre que le voile pour la femme n’est pas une invention de l’islam mais qu’il a d’abord été un signe de piété chrétienne !

Dans sa lettre aux Corinthiens   Paul, le premier, lie  le voile des femmes à leur relation à Dieu. Les pères de l’Eglise, à sa suite, ont imposé aux chrétiennes de se couvrir la tête alors que le port du voile des femmes n’était jusque là qu’une coutume païenne localisée dans les villes du pourtour de la Méditerranée. Encore au siècle dernier, en Europe du Sud et en Orient chrétien, les femmes portaient  souvent un voile ou un foulard sur la tête. Si le Coran ordonne aux femmes de se couvrir pour que les hommes les respectent c’est donc moins un signe de soumission à la puissance divine qu’un usage social.

Ce simple exemple montre combien nous aurions intérêt à comprendre ensemble nos héritages culturels plutôt que d’en faire des points d’affrontement qui n’ont aucun sens. C’est sur les terrains économiques et sociaux qu’il faut travailler, non sur les détails vestimentaires.

Autre exemple : la caricature. On peut comprendre qu’une caricature de Mahomet puisse choquer mais en pays laïc, le musulman doit s’y habituer comme l’ont fait les chrétiens et les juifs. Sinon pourquoi les bonapartistes corses ne demanderaient-ils pas l’interdiction d’insulter Napoléon ?

Pour avoir raison du fanatisme et de l’obscurantisme, notre pays ne doit plus douter de lui-même. Il doit redonner du sens à ses valeurs : les droits de l’homme,  l’égalité  devant la loi, l’égalité des chances, la liberté de croire ou de ne pas croire, la solidarité et la fraternité.
Comme le remarque Abdennour Bidar, normalien et agrégé de philosophie, né à Clermond-Ferrand ,  à propos de la morale laïque réintroduite dans l’enseignement, « si l'école fait une morale qui ne parle pas de fraternité alors que les religions parlent essentiellement de celle-ci, le risque est de voir se répandre dans l'opinion l'idée de deux morales concurrentes : celle de l'école et celle des familles."

Bretons Alsaciens, Basques Catalans Picards avaient peu en commun, pas même la langue. Ils ont construit une nation avec les Polonais, les Italiens, les Arméniens, les Espagnols, les Hongrois, les Africains et tous les autres qui nous ont rejoint ensuite. De l’écrivain Alexandre Dumas d’origine afro-antillaise au prix Nobel Marie Curie venue de Pologne en passant par l’ancien président Nicolas Sarkozy fils d’émigré hongrois, les exemples ne manquent pour illustrer le creuset français

Pour retrouver un avenir, la France doit être fière de son histoire. Elle doit enseigner de nouveau la laïcité et les valeurs de la république à ses enfants de toutes origines, qu’ils soient chrétiens, musulmans, juifs, agnostiques ou athées.

Jacques Carles

En 2026 le président de l’agglo sera … une femme.

In 2026, the President of the Hérault-Méditerranée Conurbation will be... a woman !

Gilles d’Ettore, Maire d’Agde,  est aussi  l’actuel Président  de l’agglomération Hérault Méditerranée.  Dynamique, il a une excellente image auprès d’une grande partie de la population et il faut bien reconnaître qu’il a su faire bouger sa ville et l’agglo. Il a donc de grandes chances d’être reconduit dans ses fonctions en 2020 lors des prochaines élections locales. Mais au delà ? La donne pourrait changer et une femme pourrait lui succéder.

Les femmes nées en 1927 terminaient leur scolarité  en moyenne à 15 ans. Celles nées en 1977, soit 50 ans plus tard, finissaient leurs études en moyenne à  l’âge de 21 ans soit déjà un peu plus que les hommes qui eux entraient dans la vie active en moyenne vers 20 ans.  En terme d’éducation les femmes ont donc déjà rattrapé les hommes depuis longtemps mais le mouvement lancé au siècle dernier ne va pas s’arrêter là. Tout laisse à penser que les femmes vont maintenant prendre le pouvoir dans les années à venir.

Les femmes nées à partir des années 1950 ont été plus nombreuses que les hommes à décrocher le baccalauréat, celles nées à partir des années 1960 ont été plus nombreuses que les hommes à entrer à l’université et à obtenir une licence.

Compte tenu de l’inertie induite par les délais des déroulements de carrière et par l’évolution des mentalités, les effets du dépassement éducationnel des hommes par les femmes ne commencent à être perçus que maintenant.

Aujourd’hui le taux de féminisation des cadres issus de l’enseignement supérieur dépasse les 60% et frôle parfois les 80% dans les secteurs des sciences humaines, de la littérature, de l’économie, du sanitaire ou du social. Les hommes restent malgré tout encore majoritaires dans les sciences dures, l’agronomie, les sciences de la vie et les écoles d’ingénieurs mais même dans ces domaines la proportion de femmes progresse de façon continue.
Les grandes écoles de l’élite, Polytechnique et l’ENA, symboles du pouvoir économique et  politique, résistent encore. La part des femmes y progresse néanmoins aussi peu à peu.  Dans les années1970, moins de 5%des élèves de polytechnique étaient des femmes, aujourd’hui elles sont environ 20%. A l’ENA, la proportion de femmes est déjà un peu plus élevée : 30%.

Même si tout ne s’apprend pas à l’école, la supériorité du niveau d’instruction des femmes a d‘énorme conséquence pour la société.  Cela fait déjà longtemps qu’elles ne se consacrent plus uniquement à la famille et à l’activité domestique. Le développement de l’emploi féminin commencé dans les années 1950 conduit aujourd’hui à une convergence des taux d’activité des hommes et des femmes. Les inégalité de salaires qui perdurent encore entre eux seront de moins en moins justifiées et de moins en moins acceptées.  Les femmes devenues financièrement autonomes sont aussi devenues plus libres ce qui n’est pas sans incidence sur la vie des couples.  Enfin dans la sphère économique, avec l’évolution vers l’immatériel et  les services, de plus en plus de femmes s’imposent par leur compétence aux postes de direction.

Le dernier bastion qui  résistait à la féminisation, celui du champ politique, est lui aussi  en train de céder.
Au niveau des nations, de nombreux pays ont élu des femmes à leur tête : l’Allemagne, la Grande Bretagne, la Suisse, la Croatie, l’Estonie, la Lituanie, Malte …  Les femmes représentent déjà environ un dixième des dirigeants dans les États membres de l’ONU. Une proportion que l’on retrouve au plan local : 2 des 20 communes qui constituent l’agglomération Hérault-Méditerranée, Portiragnes et Saint-Pons de Mauchiens, ont une femme pour maire. Au plan régional, l’Occitanie a déjà une présidente : Carole Delga et au niveau des grandes villes d’Europe, la féminisation avance aussi à grands pas. A Paris, Rome, Madrid ou Barcelone, pour ne citer que les métropoles les plus importantes, les femmes ont pris le pouvoir dans les mairies.
Les femmes apportent souvent une vision innovante de la vie publique et introduisent des débats sur des sujets qui ne sont pas souvent abordés par les hommes ou qui le sont sous  un angle différent.

Les femmes, plus éduquées que les hommes, sont bien en train de prendre le pouvoir en politique comme dans la société civile mais la femme ne  sera vraiment l'égale de l'homme que le jour où, pour reprendre la formule de Françoise Giroud, on désignera une femme incompétente à un poste important.

Jacques Carles / Florence de Martino

 
 

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As more and more of you read Agde-infos, we decided to translate some of the news and editorials in English, our common language. Not that we don't like French, but we thought it could be interesting for you as an exercise to have both languages next to another. That will work both ways also for French readers eager to brush up their English. You're also welcome to help us by contributing to sending us articles, from time to time, or becoming the correspondent for your village, and transferring our links. More hits we have, higher in the ranking we'll go.

 

Gilles d’Ettore, Agde mayor, is also President of the Herault Mediterranee Conurbation. Dynamic, his image is excellent among a majority of the population, and we have to say that he moved things with his city and the region. He then has big chances to be reelected in 2020. But beyond ? Things could change and a woman could take his place.

Women born in 1927 finished school at an average of 15 years old. Those born in 1977, fifty years later, finished school at an average of 21 years old, which was slightly above men who started working at 20. In terms of education, women already are beyond men, but this movement will not stop here. Women will take the power in the future coming years.

Women born after 1950's have been more to obtain their bachelor degree than men, and women born after 1960's have been a majority to start university and obtain a degree. There is such an inertia in careers and mentality changes that we only feel these changes now.

Nowadays women in top career jobs coming from universities is superior to 60% and close to 80% in human sciences positions, literature, economy, healthcare or social. Men are still a majority in sciences,agronomics, and engineer schools, but even in these domains women constantly progress.
Top class schools such as Polytechnique and ENA, symbols of an economical and political power  still resist. In the 70's, less than 50% of polytechnique  school were women, nowadays they are 20%. In ENA, there are more : 30%.

Even if one doesn't learn everything at school, women level of instruction superiority has enormous impact on society. It's been a long time already that they do not live to raise a family and clean houses. Women's employment that started in the 50's produced a merging of activity rates of men and women.  Wages disparities between them will be less and less justified, and less and less aproved. Women being financially independent, are also more free and this has consequences on their private lives. Finally in the  business world with an evolution towards services and intangible activities, more women are reaching top management levels.

The last bastion resisting to a feminine touch, politics, is also a target. Among nations, many countries have elected women : Germany, Great Britain, Switzerland, Croatia, Estonia, Lituania, Malte... Women represent 1/10th of the ONU members states. Locally too : 
2 out of 20 towns of Hérault-Méditerranée Conurbation, Portiragnes and Saint Pons de Mauchiens, have elected a woman as their mayor. On a regional aspect, Occitania has elected a woman as their president : Carole Delga and among european cities, feminisation is on the way. Paris, Rome, Madrid or Barcelona have elected women as their mayors.

Women often bring an inovative vision of public life and start debates on subjects men not often like to discuss.

Women are definitely on the way to take a position in politics just like in every day's life, but women will only be men's equal the day that we will elect an incompetent woman to an important position, as Françoise Giroud wrote.

Jacques Carles / Florence de Martino

Les treize desserts

Il n’y a pas si longtemps, le soir du réveillon de Noël, dans le Midi,   lorsque venait l’heure du partage des treize desserts, on laissait sur la table familiale  quelques noix, un peu de pâte d’amande, une figue et quelques autres délices de chez nous.  C’était la part du pauvre, lequel pouvait passer dans la nuit, après  la visite du père Noël.

Cette coutume se perd car chacun ou presque réalise que c’est lui qui va hériter de la part du pauvre.

En Occident, la classe moyenne est en train de disparaître. Ce socle de la société des trente glorieuses s’effondre. Les pauvres sont de plus en plus nombreux et de plus en plus pauvres. Les riches de moins en moins nombreux mais de plus en plus riches.  Ce fossé qui se creuse ne peut que conduire à la catastrophe. Pire il se creuse aussi entre les générations avec des jeunes objectivement bien mal lotis.

Pour beaucoup,  l’ultra-libéralisme hérité des années Thatcher  est à l’origine de tous nos maux, pour d’autres c’est la baisse de la natalité et  le vieillissement de la population qui expliquerait le déclin, d’autres enfin accusent  la perte de repères moraux. 

Si le phénomène est une réalité, les causes de cette pauvreté qui nous guette sont complexes. Il n’existe probablement pas de solution miracle. Mais est-ce une raison pour se résigner ?

Concentrons-nous sur l’essentiel, oublions l’accessoire et les querelles stériles de personnes ou de chapelles.

Dans notre région où le chômage atteint des sommets, il est grand temps que nos élus alignent leurs efforts dans la même direction. La seule priorité qui s’impose, est celle du bien commun et de l’emploi.

Plutôt que division, parlons addition. Que la synergie entre tous permette que 1+1=3 devienne une identité remarquable dans notre région.

Jacques Carles

Un tourisme presque parfait

An almost perfect tourism business...

Dans notre monde globalisé, plus d’un milliard de touristes devraient franchir une frontière en 2017. Ils n’étaient que 25 millions à le faire en 1950. Le tourisme représente aujourd’hui 9% de l’économie mondiale, soit un emploi sur onze.

La France reste la première destination mondiale depuis plus de 40 ans. Le tourisme est le premier poste de la balance des paiements de notre pays, il représente plus de 7% du PIB et emploie directement ou indirectement 2,2 millions de personnes. Près d’un emploi sur deux nouvellement créé l’est dans le secteur touristique.

Tout n’est pas rose pour autant. Si la France reste le pays le plus visité, elle  est en perte de vitesse. Elle n’est plus qu’à la quatrième place dans le classement mondial en terme de revenus. Dans les 15 dernières années, le chiffre d’affaires du tourisme a cru de 68% en France quand il augmentait de 111% en Espagne et de 132% en Allemagne. Ainsi le nombre de touristes chinois venant en France augmente bien moins vite que chez nos voisins les plus proches. Un constat qui devrait nous inciter à réfléchir quand on sait que les chinois sont devenus les premiers touristes internationaux avec  presque 200 milliards de dollars dépensés l’an dernier.

Les pays émergeant envoient de nouveaux touristes mais ils deviennent  aussi des concurrents sérieux.

En  Chine,  Shanghai devient un haut lieu du tourisme culturel. Avec son marché de l’art, le deuxième du monde, il rayonne aujourd’hui au même titre que Paris, Londres ou New-York au siècle dernier.

Entre l’Asie et l’Europe, Abu Dhabi  s’affirme comme une nouvelle destination de choix. Son quartier culturel, sur l’île de Saadiyat, acquiert une attractivité d’une ampleur sans précédent, avec le Musée national Zayed, un gigantesque centre d’art contemporain, le Guggenheim Abu Dhabi de FrankGehry et le Louvre Abu Dhabi de Jean Nouvel. Du ski dans le désert aux marinas futuristes en passant par les hôtels de prestige, l’émirat draine une clientèle planétaire haut de gamme. Et pour compléter le tout, l’université Paris Sorbonne Abu Dhabi et des dizaines de grandes écoles de rang international y attirent des étudiants étrangers par milliers.

En Occitanie, nos élus locaux les plus dynamiques ont senti la menace et ont compris que notre potentiel touristique, fut-il le plus exceptionnel, ne vaudrait pas grand chose  sans une image positive et un environnement adapté : accessibilité aérienne, maritime et terrestre, sécurité, accueil professionnel en français et dans la langue de nos visiteurs ou au minimum en anglais, animations culturelles et de loisirs variées et de qualité.

Ces responsables d’avant-garde utilisent les outils de communication modernes, conscient que l’internet était devenu le premier pourvoyeur de ventes en ligne  et que les nouvelles technologies, avec la réalité virtuelles et les spectacles qu’elles produisent devenaient à leur tour un produit touristique en tant que tel.

Pour rendre les flux moins saisonniers, ils jouent aussi intelligemment la carte dela diversification : tourisme culturel, tourisme d’activités physiques et sportives, tourisme de découverte et de nature,  tourisme de bien-être et de santé, tourisme de jeux et de divertissement, tourisme œnogastronomique porteur de signes d’authenticité et de traditions, etc.

Les professionnels du secteur quant à eux ne sont pas en reste et font la preuve de leur capacité de générer de la créativité et de l’innovation, levier essentiel de toute économie, comme l’illustrent  les huîtres Tarbouriech à Marseillan ou les Thermes à Balaruc-les-bains.

Notre territoire a donc des atouts indéniables, si les mesures annoncées fin juillet par le gouvernement  pour renforcer l’attractivité touristique de notre pays sont réellement mise en œuvre : formation des personnels et revalorisation de leur travail, financement des équipements adaptés aux rythmes saisonniers, environnement fiscal qui ne soit pas un handicap par rapport à la concurrence internationale, etc.

Encore faut-il que nos concitoyens servent notre image collective par leur comportement au quotidien, qu’ils respectent notre nature, qu’ils évitent de jeter n’importe où leurs détritus, qu’ils soient courtois et polis, bref qu’ils aient un sens civique et qu’ils donnent l’exemple .

Enfin, il importe d’être conscient que notre territoire singulier vit à présent dans un monde pluriel et que notre culture ne  prendra toute sa valeur qu’en reconnaissant et en respectant celles des autres. La diversité des hommes et de leur histoire, loin de nous faire perdre notre moi, doit alors nous  donner l’envie de participer à l’aventure humaine dans son ensemble en partageant ici, chez nous,  cet art de vivre dont nous sommes si fiers à juste titre.

Jacques Carles / Florence de Martino

 

In our globalized world, over a billion of tourists should cross a border by 2017. They only were 25 millions to do so in 1950. Tourism today represents 9% of worldwide economy, which means one job out of eleven.

France remains the first destination for over 40 years. Tourism represents over 7% of our economy and employs directly or indirectly 2,2 million people. 1 job out of two is created within the touristic industry.

Not everything is ideal however. Although France is still the most visited country, it's losing its first place... It's the 4th country in terms of revenues generated by tourism. Within the past fifteen years, Tourism turnover has increased in France by 68%, whereas Spain's increased by 111% and 132% in Germany. As an example, Chinese tourists tend to visit more often our neighbours than France. This fact should make us think it over when you think that Chinese tourists are the first international clients in terms of spending with almost 200 billions dollars spent last year.

Emerging countries send new tourists but they also become serious competitors.

In China, Shanghai has become a highly touristic place in terms of cultural sites to visit. With its art market, the second most important in the world, it's as high as Paris, New York, or London.

Between Asia and Europe, Abu Dhabi also imposes itself as a destination. Its cultural quarter, on the island of Saadiyat, enormously attracts with its national Zayed museum, a gigantic contemporary art museum, Frank Gehry's Guggenheim Abu Dhabi and the Jean Nouvel's Abu Dhabi Louvre. From skiing in the desert to futuristic marinas through prestigious hotels, the Emirates have been able to attract a highly prestigious clientele. And to complete the picture, Abu Dhabi's Paris Sorbonne and dozens of highly prestigious schools have been able to attract foreign students by thousands.

In Occitania, our most dynamic local elected politicians have felt the threat and understood that our tourism potential would be nothing without a positive image or an adapted environment: an easy access thanks to airlines, roads and boats, security, professional welcome in French and in our visitors' languages, or at least in English, various cultural and leisure activities of high quality.

Those avant-garde people in charge use modern communication tools, understanding that the Internet is the first online seller and that new technologies, with virtual reality, produce shows and have become a touristic product on their own.

In order to get people all over the year, they also smartly play the hand of diversification: cultural tourism, sport activities, discovery and nature tourism, health and well being tourism, wine and gastronomic tourism...

Other professionals also use their imagination and produce creative and innovative “products” such as Tarbouriech oysters in Marseillan and Balaruc-les-bains thermal baths.

Our territory therefore has obvious assets, if the political decisions announced late July by the government in order to reinforce touristic activity in our country are really voted: that is training its agents, financing equipments adapted to seasonal rhythms, and maintaining the fiscal environment so as to prevent it from being a handicap compared to international competition.

And if possible, it would be nice if our French citizens contributed everyday to this collective image by respecting nature, stopping throwing anything here and there, being polite and courteous. In other terms, it’s their duty to start giving the right example.

As a conclusion, it's important for us to recognize that we live in a plural world and that our culture will only be attractive if we recognize and respect that of others. Men diversity and their history, far from frightening us, should inspire us to share this human adventure as a whole by sharing, here, in our Occitanie, this « art de vivre » that we are rightly proud of.

Jacques Carles / Florence de Martino

EDIT ' ÒC

prepausat per " Lo Moissau"


Primièr GRAND PRÈMI DAU POFRE EMMALICIAT 2017

 

D’ara en davant, serà decernit cada an un GRAND PRÈMI DAU POFRE EMMALICIAT. Aital ne foguèt decidit!

Qu'es aquò, lo Grand Prèmi dau Pofre Emmaliciat?
Lo pofre es una bèstia pas tant bèstia qu'aquò. Es plan conegut qu'es avisat, clarevesent, mas un pauquet vesat e badinaire. Sabèm plan que pòt chifrar lo numèro dau lòto. Un setòri plan conegut o faguèt veire a la television. Aquò per dire que son pas de cracas. Avèm volgut onorar cada an la sagacitat d'un conciutadan o d'una conciutadana, a travèrs un acte, gèst o paraula especialament pertinent. Aquel acte, gèst o paraula sera apelat "pofrada" de l'annada.

 


Los nomenats per l'annada 2017, ambla menciones peciala prèmi d'Aur.
Aqueste an, lo prèmi es atribuit amb la mencion Grand Prèmi d'Aur, conjuntament e a paritat:

  • a la Dòna Saskia De Ville, jornalista editorialista a France Musique, presentatritz de l'emission Musique Matin,
  • au Sénher Hevé Niquet cap d'orquèstra, especialista de musica barròca, clavecinista,tenòr dels grands.


La pofrada :

Se debanèt dinsl'emission de France Musique dicha Musique Matin, lo dimècres onze d'octòbre d'aqueste an, a nòu oras, dedicada au trentenari dau Concert Spirituel, orquèstra barròc de Hervé Niquet. La podètz escotar aquί amb lo podcast, aquesta pofrada: http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/18065-11.10.2017-ITEMA_21460849-0.mp3.

Parlavan de causas e d'autres, e en particular de Josèp Bodin de Boismortier, compositor francés dau sègleXVIII. Puòi, a l'index 1:36:30 poiretz ausir la causida musicala d’Hervé Niquet: un extrach dels remirables "Chants d'Auvergne" de Joseph Canteloube. Vos assabentarai pas en vos rementar que los Cants d'Auvernha de Josèp Cantaloba son escriches en occitan dins son dialècte auvernhat. Son pas escriches en francés. Cantaloba foguèt un etnomusicològ nascut a Anonai, e reculhiguèt aqueles cants dins los monts d'Auvèrnha, fa un pauc mai d’un sègle d'aquò.
Hervé Niquet s'azarda a far un ligam en disent "de Boismortier e Cantaloba meteis combat" e , la jornalista de quichar un pauc mai, seguís a 1:37:50 aquèla discutida irreala,:

  • Es que se pòt dire HN, qu'es la lenga, que vos embelina, mai que la votz?
  • Òc, ben! perque nosautres,francès,sèm totes a l’entorn de la meteissa lenga de Dunkerk a Marseille, de Brest a Strasbourg.

Mes de BoisMortier se canta en francés, e Cantaloba en occitan! An "annexat", colonizat Cantaloba e sos Cants d'Auvernha, tot simpletament. Malurosament aqueste biais de far es corrent. Aquò pausa tres questions.

  1.  De gents, conneisseires coma eles, saberuts e reconneguts, o sabon plan que los Cants d'Auvernha son pas en francés, mas en occitan! Se son enganats? O alara es que lo rrenomada de conneisseires es pas ameritada?
  2. Mai , coma de tant grands musicians coma eles ausisson pas las lengas, au ponch de s'enganar coma aquò? Coma Hervé Niquet, cantaire de tria, cap d'orquèstra, ausiguèt pas la prononciacion de la cantairitz? Belèu qu'an tota la sabla de la Cornicha dins los ausidors?
  3. Fin finala coma pòdon afortir l'idèa que la lenga francesa seriá mai nauta que d'autras? Las lengas nàisson pas egalas en drech, coma los òmes, las musicas, las literaturas? Seriam encara jol jog d'un rei? Dins una pensada unenca?

Me pòdi pas reténer de tornar totas la qualitats qu’Hervé Niquet balhèt a la lenga francesa (escotatz-lo) e de las aplicara la lenga nòstra, en contrafasent sa frasa . Aquò donariá : " Pasmens, demòra aquesta incredibla lenga occitana, pagalhósa e saborosa, suava e baissa"

Sénher Niquet, lo mai deliciós e incredible, dins tot aquò,seriá de viure dins una França mirgalhada coma la manrega d'Arlequin, una Babilona. O ben, si preferatz, coma la rauba d'un pofre que cambia de color.Per nos gardar d'aquela pofrada, d'aqueles cogorlitges, una de las missions dau servici public, de ràdio, de tele, d'ensenhament nacional deuriá èsser d'ensenhar la vertadièra riquesa culturala francesa, dins sa pluralitat. Es aquò l'Universalitat! Si que non demora una riquesa perduda, e avèm una vista estrecha dau mond. Un totalitarisme, que!
Apréner, per exemple, Sénher Niquet, que "Dunkerk" vòl dire "glèsiafortificada" en flamenc. Que "Strasbourg" es, dins la lenga alsacianauna "ciutat-carrièra". Que "Brest" es una ciutat celtica. E que totes los ciutadans francés de Marsilha, Clarmont, Bordèu, Nissa, Baiònae Tolosa an una lengacomuna: l'occitan, amb la quala se pòdon parlar. Que, de mai, son uroses de far lo rescontre d'un catalan, d'un còrse, d'un breton o d'un basc, en tot respièch a França.
Ara que percaçam las "fòbias" de totas mena, coma se pòt ausir, còp e còp, una tant bèla lengafòbia? Aquesta fòbia noirίs totas las xenofòbias, e lo mòt "estrangièr" en çò nòstre existίs pas, a mens que foguèssem totes estrangièrs.
O-diguèt lo cantaire catalan LuísLLach "vením del nord, vením del sud, de terra en dins, de mar enllà".
E apondrai qu'avèm mestièr de totas las lengas, de totes los òmes e femnas, e de totas lasmusicas.

 


Premier
GRAND PRIX DU POUFFRE EN COLÈRE.

 

Dorénavant il sera décerné annuellement le GRAND PRIX DU POUFFRE EN COLÈRE (*).

C'est quoi le Grand Prix du Pouffre en Colère?
Le pouffre est un animal pas si bête que ça. Il est bien connu pour être perspicace et avisé et parfois, un peu primesautier et joueur. Nous savons tous qu'il peut calculer le numéro gagnant du loto. Un sétois bien connu l'a montré à la télévision. C'est pas des mensonges. On a voulu distinguer chaque année la sagacité d'un concitoyen, ou d'une concitoyenne, à travers un de ses actes particulièrement pertinent. Cet acte, ce geste, cette parole sera appelée "pofrade" de l'année.

 

Les nominés :

Cette année, le prix est attribué de façon conjointe, et avec la parité, avec la mention spéciale "Prix d'Or":

  • à Madame Skilla De Ville, journaliste éditorialiste à France Musique, animatrice de l'émission Musique Matin.
  • à Monsieur Hervé Niquet, chef d'orchestre, spécialiste de musique baroque, claveciniste, et grand ténor

La pouffrade :

Cela s'est passé durant l'émission de France Musique, dite Musique Matin, le mercredi 11 octobre vers 9 heures. Vous pouvez la ré-écouter à l'adresse suivante du podcast : http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/18065-11.10.2017-ITEMA_21460849-0.mp3

A l'index 1:36:30, vous pourrez entendre le choix musical de Hervé Niquet, un extrait des admirables chants d'Auvergne de Canteloube. Je ne vous apprendrai rien en vous disant que les chants d'Auvergne de Canteloube furent écrits en occitan, dans sa tournure auvergnate. Ils ne sont pas écrits en français. Canteloube fût un ethno-musicologue; et il collecta ces chants dans les monts d'Auvergne. Il mourut il y a tout juste 100 ans.
Il s'en suit cette discussion surréaliste:

  • Est-ce qu'on peut dire, Hervé Niquet, que c'est la langue qui vous séduit plus que la voix?
  • Eh! bien, oui, parce que nous français on est quand même tous autour de la même langue, de Dunkerque à Marseille, de Brest à Strasbourg.

Mais de Boismortier se chante en français et Chanteloube en occitan! Ils ont "annexé", colonisé Canteloube et ses chants d'Auvergne. Malheureusement cette façon de faire est courante. Cela pose trois questions.

  1. Des connaisseurs reconnus comme eux savent bien que les Chants d'Auvergne ne sont pas en français. Ou alors est-ce-leur renommée qui est galvaudée? Ou ils se sont trompés?
  2. Et de plus comment de si grands musiciens qu'eux n'entendent pas les langues, au point se tromper comme ça? Comment Hervé Niquet, chanteur et chef d'orchestre n'a-t-il pas entendu la prononciation de la chanteuse? Peut-être avait tout le sable de la Corniche dans les oreilles?
  3. Et pour finir, comment peuvent-ils renforcer l'idée que la langue française est au dessus des autres? Elle est où l'universalité? Les langues naissent égales en droit, comme les hommes, les musiques, les littératures. Serions-nous encore sous le joug d'un roi? Ou dans une pensée unique?

Je ne peux m'empêcher de retourner toutes les qualités qu'accorda Hervé Niquet, en contrefaisant sa propre phrase (écoutez-là) et de l'appliquer à la langue occitane. Cela donnerait :"Quand même il y a cette langue incroyable, bordélique et délicieuse, douce et vulgaire, selon les cas".

Monsieur Niquet le plus délicieux serait de vivre dans une France bariolée comme un manteau d'Arlequin, une Babylone. Ou bien si vous préférez comme la robe d'un poulpe qui change de couleur. Pour nous prémunir de telles bêtises, de cette pouffrade, une des missions du service publique devrait être de montrer la véritable richesse culturelle de la France, dans sa pluralité. C'est cela l'universalité. Sinon, cela reste une richesse perdue, une façon étroite de voir le monde. En bref un totalitarisme.
Apprendre, par exemple, Monsieur Niquet que "Dunkerque" veut dire "église fortifiée" en flamand. Que "Strasbourg", c'est en alsacien une "ville-route". Que "Brest" est un patronyme celtique Et que tous les citoyens de Marseille, Clermont Ferrant, Bordeaux, Nice, Bayonne Poitiers et Toulouse ont une langue commune, l'occitan, avec laquelle ils peuvent échanger. Qu'ils sont heureux de rencontrer, dans le respect de la France des corses, des catalans, des basques.
Aujourd'hui où on chasse toutes les "phobies", de toutes sortes, comment peut-on entendre une telle "lango-phobie", une telle "occitanophobie"? Cette phobie nourrit toutes les xénophobies, et le mot "étranger" n'existe pas pour nous, à moins que nous ne fussions tous des étrangers. Le chanteur catalan Luis LLach chantait: " nous venons du nord, nous venons du sud, de la terre intérieure, de la mer là-bas". Et j'ajouterais que nos avons besoin de toutes les langues de tous les hommes et femmes, de toutes les musiques..

(*)[Rem. du traducteur, : en sétois, un "poulpe" se dit "pouffre", et occitan, "pofre" (dire "poufré")]

 

Indications de prononciation.

L'occitan a une graphie millénaire. Lire d'abord le texte à haute voix, pour, dans son propre parler reconnaître les mots, les mettre en bouche en suivant le texte, comme pour apprendre une chanson.
On se fie assez souvent au français, mais toutes les voyelles se prononcent.
On peut rouler le "r", sinon, il faut le grasseyer et non pas le mettre dans la gorge comme la "jota" espagnole.
L'occitan méditerranéen a des "a" clairs. Certains préfèreront dire en finale le "o" ouvert de "robe"
Le "o" et "se dit comme en français "ou", de même que "ó". A Palavas on dit "u"
"ò" se dit "o" comme en français, comme dans "Qu'es acò"
le "u", se dit généralement "u", mais autour de Séte on le prononce "eu" comme dans "Titeuf".
Le "e" se lit comme "è" (fermé), sauf accent grave.
Toute lettre accentuée porte l'accent tonique. Sinon, accentuer l'avant dernière consomme pour les mots terminés par une voyelle, et la dernière si c'est une consomne sauf "s", "n".
"nh" se lit "gn" ( la mountanha)
et "lh" de filha se dit "ll" comme dans "filha"
Lorsque deux consommes se suivent, on ne prononce pas la première, mais on fait bien sonner la deuxième, comme dans "enfant" (dire "éfan") ; "doctor" (dire "doutour"), "femna" (dire "fènna"), ou "annada" (dire "an-nnada"