ANCIENS EDITOS

Covid-19 : La CCI Hérault offre aux commerçants un « Kit de reprise d’activité »

A partir du 11 mai, les commerçants rouvriront leurs portes au public.

Après avoir travaillé sur des chartes préconisant des mesures préventives à mettre en place, André Deljarry, Président de la CCI Hérault, 1er Vice-Président de la CCI Occitanie et les élus ont décidé d’offrir un kit complet aux commerçants afin que cette reprise se fasse dans les meilleures conditions.

Dès lundi, ce kit sera distribué aux commerçants indépendants de moins de 10 salariés, affiliés à la CCI Hérault, qui ont été dans l’obligation de fermer leur magasin le 17 mars. Les commerçants se verront donc remettre gel hydroalcoolique, masques, bandes de marquage au sol, ainsi qu’une affiche à apposer en vitrine afin de rassurer leur clientèle et réaffirmer leur engagement à les servir dans les meilleures conditions.

Réflexions sur le confinement

Au moment où les gens ont du temps, beaucoup de temps pour s’interroger sur « les vraies valeurs de la vie », pendant ce long confinement, profitons-en pour faire un point plus personnel comme nous le fîmes avec l’ami Joseph.

Bien que nous sachions plus trop que faire de tout ce temps, dans bien des cas, les parents apprennent à connaître leurs enfants, alors que ces derniers découvrent « joie et difficultés » de rester en famille, privés pour un temps des papys et mamies. Le travail n’est plus une priorité, les loisirs et les voyages ne sont plus à l’ordre du jour.

Dans « ce long silence environnemental », nous découvrons tous et comprenons la valeur des mots « vulnérabilité et solidarité ». Ce que les syndicats et entreprises n’ont pu obtenir dans la durée, il a suffit d’un minuscule « virus dévastateur » pour permettre de l’obtenir, remise d’impôts, exonérations, fonds d’investissements.

L’argent a perdu son odeur d’un seul coup. Embarqués sur un même navire et devant nos écrans, les médias comptabilisent minute après minute, l’évolution de cette pandémie, pays après pays, régions après régions, combien de morts pour se rapprocher de nos villages. L’heure n’est plus au bavardage « hors du temps », où élections municipales, tour de France, jeux olympiques et autres projets paraissent dérisoires par rapport à ces événements catastrophiques qui frappent l’humanité.

De vrais soldats viennent de naître dans notre pays, à tous les niveaux des structures qui veillent sur la santé, médecins, infirmières, aides-soignants, pompiers, policiers, caissières de supermarchés et toutes ces professions continuent à travailler pour permettre de protéger et nourrir la population confinée. L’humanité est ébranlée, la société effondrée par le caprice d’un minuscule virus qui nous fera comprendre que nous sommes que « souffle et poussière » sous un ciel qui a décidé de se mettre en colère.

Allez savoir pourquoi ? Pollution, terre surpeuplée, injustices… Ce bilan incomplet et pas terminé, permettra de reconsidérer peut-être « la profondeur de nos attitudes » qui riches, puissants ou pauvres n’estiment toujours pas avec les mêmes critères, l’échelle des valeurs humaines. Il faudra se souvenir que « les bruits de casseroles le soir et les sons de cloches » devrons impérativement accompagner « la guerre terminée » nos soignants et nombreux héros dans l’ombre qui nous aurons aidés à traverser cette très lourde épreuve.

Bernard Balls

Le Département de l’Hérault, solidaire

« Dans cette période de confinement, j’ai souhaité que les services départementaux puissent assurer un service public continu, plus particulièrement à destination des plus démunis. »​

Kléber MESQUIDA, Président du Département

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Le Département de l’Hérault organise la continuité du service public.

 

Dans ce contexte contraint, le Département s’organise pour assurer la continuité de ses services avec les exigences du confinement des personnes. Sa priorité : protéger et accompagner les personnes les plus vulnérables. 

Malgré la fermeture des locaux du Département, ses agents sont mobilisés soit en télétravail soit en présentiel pour les missions suivantes :

§  Sont assurées les versements des prestations de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), de la compensation du handicap (PCH), du revenu de solidarité active (RSA). Les demandes reçues au Département continuent à être instruites.

§  L’instruction et le versement des aides d’urgences aux personnes les plus démunies sont maintenus.

§  Le Département est en lien avec l’ensemble des prestataires du service de soins à domicile pour les aider à mettre en place la continuité des visites et soins à domicile des personnes âgées et handicapées.

§  Au niveau de la Protection Maternelle et Infantile (PMI), les agents du Département assurent le suivi urgent des femmes enceintes et des nourrissons.

§  Le Foyer de l’enfance a pris toutes les mesures de confinement des enfants qui lui sont confiés et les accueils d’urgence sont assurés.

§  29 collèges ont été mis à disposition pour accueillir les enfants des médecins et des aides-soignants.

§  La Direction des routes a mis en place des équipes d’astreinte pour assurer la continuité du trafic sur le réseau routier en cas d’accident ou de dégradation à la voirie. Néanmoins, tous les chantiers routiers sont arrêtés.

§  Les services financiers assurent la continuité du paiement des factures aux entreprises et aux prestataires du Conseil départemental.

§  Le laboratoire départemental poursuit les missions d’hygiène publique les plus urgentes dont la qualité alimentaire des établissements publics et le suivi vétérinaire.

§  La surveillance des ouvrages hydrauliques - des barrages et des lacs - est aussi maintenue.

§  Les services informatiques sont mobilisés pour assurer le fonctionnement des systèmes informatiques et les dispositifs de télétravail de la majorité des agents.

§  Le Département rappelle que tous les services sont fermés à l’accueil du public ainsi que les domaines départementaux.

 

Le Directeur général des services, les Directeurs généraux adjoints, le Directeur de cabinet sont en lien permanent avec la cellule de crise de la Préfecture et le Président du Département, Kléber Mesquida, pour ajuster au mieux le plan de continuité des services du Département. 

 La Direction de la communication est présente pour répondre à toutes les demandes de la presse. 

Retrouvez toutes les informations sur herault.fr

Le petit bout de la lorgnette

Un politique doit aujourd’hui paraître proche des gens et les caresser dans le sens du poil. Il doit attirer l’attention, être désirable, savoir faire de l’œil. Bref, il doit savoir draguer l’électeur. Construire un programme pour convaincre est devenu secondaire, communiquer pour séduire est plus important.

Les candidats s’entourent donc de publicistes, de sondeurs d’opinions, d’experts en marketing et plus récemment de scénaristes, de producteurs de cinéma et autres conteurs de fiction. Un clip  de campagne électorale ressemble à un clip pour la prochaine saison d’une série télévisée. Et maintenant que le roi des fake news est devenu le président du pays le plus puissant du monde, tout parait possible à qui sait manipuler l’opinion.

 En France, le dimanche 26 mai était jour d’élection. Ce lendemain de la clôture du festival de Cannes, avec 34 listes en compétition, la réalité dépassait le cinéma.

Malgré cette biodiversité politique qui ne doit rien au dérèglement climatique, malgré une offre pléthorique de candidatures, malgré un scrutin à la proportionnelle et malgré le clairon des medias sur une participation présentée comme exceptionnelle, la réalité est bel et bien que plus des trois quarts des français ne seront pas représentés au parlement européen. Sur les 51 millions de français en âge de voter, quelque 29 millions ne se sont pas exprimés : soit ils ne se sont pas inscrits sur les listes électorales, soit ils se sont abstenus ou ont voté blanc ou nul. Sur les 22 millions qui se sont exprimés, 10 millions ont voté pour des listes qui n’auront aucun député, faute d’atteindre la barre des 5% des inscrits. Au total, 39 millions des français en âge de voter (76%) sont exclus de la représentation populaire.

Si on arrête d’analyser ce scrutin par le petit bout de la lorgnette, c’est donc sur cette désaffection qu’il faut s’interroger, bien plus que sur l’analyse des votes pour les candidats s’accrochant aux mamelles de Lepen ou à celles de Macron.

Le désintérêt des français pour les élections traduit donc une méfiance accrue des citoyens à l’égard des élus et du système actuel de la représentation populaire. Dans une enquête réalisée par le Cevipof, plus de la moitié des personnes interrogées déclarent ne faire confiance ni à la droite, ni à la gauche. Plus de 80% pensent que les responsables politiques ne se soucient guère des citoyens et, à leurs yeux, même les banques ont une meilleure cote que les partis politiques. Cette distance prise par les électeurs avec les élections ouvre la voie à une classe politique sans morale où de plus en plus d’ambitieux, d’opportunistes, de démagogues et de cyniques cherchent à faire carrière. Ne pas voter c’est finalement laisser le pouvoir aux aventuriers  et prendre beaucoup de risque pour la démocratie. 

Cette situation est le reflet d’une société en souffrance.  Ceux qui se refuse à voter sont  souvent ceux qui peinent à s’intégrer à la société : les habitants isolés, ceux des grands ensembles de banlieues, les personnes fragiles au plan social, économique ou culturel. Moins on est intégré à la société plus on  aura tendance à s’abstenir ou à ne pas s’inscrire sur les listes électorale. Les hors jeu de la société s’intéressent peu à la politique et quand ils le font, ils sont souvent tentés par les votes extrêmes, le rejet du « système » et la haine des « élites ». A l’inverse, 80% des enseignants, des professions libérales et plus généralement des diplômés de l’enseignement supérieur déclarent s’intéresser à la politique.

« Que faire ? » face à une telle fracture s’interrogeait déjà Lénine en 1902 dans un opuscule qui allait générer le bolchevisme. Il répondit avec une révolution qui conduisit au malheur du peuple. Si la solution n’est pas dans le chaos, elle n’est pas non plus dans une vision qui consiste à administrer l’État comme on gère une société du CAC 40.

Investir dans les machines ou dans le béton, quitte à s’endetter, paye politiquement car le retour peut être rapide : création d’emplois visibles, rentrées de taxes et moindre pression fiscale. Cela peut même être utile pour changer le modèle productif et préserver l’environnement. A long terme cependant, il est beaucoup plus payant d’investir sur les hommes, en particulier sur l’éducation. C’est ce qu’ont fait les pays qui sont en train de devenir les maîtres du monde et de reléguer l’Europe au second plan.

En Corée, chez les trentenaires, la part des diplômés de l’enseignement supérieur atteint déjà 70%. A Singapour, ville-état largement en tête du classement PISA qui mesure le niveau scolaire jeunes, le PIB par habitant est devenu le plus élevé du monde. En Chine, où l’enseignement supérieur était autrefois réservé à une infime minorité, quelque 8 millions de diplômés sortent  à présent chaque année des universités , dix fois plus qu’il y a vingt ans et deux fois plus qu’aux États-Unis. L’Inde qui devancera à son tour les USA au milieu du siècle, forme chaque année, plus d’ingénieurs de haut niveau que tous les pays européens réunis.

L’éducation, la santé, la qualité de vie et tous les thèmes vraiment importants pour notre futur étaient presque absents des élections européennes. La patrie des Lumières devrait pourtant se souvenir qu’investir dans les hommes c’est non seulement préparer l’avenir mais aussi promouvoir plus d’équité sans laquelle, la liberté et la fraternité républicaines n’ont guère de sens.

Rhadamante

 

 

L’Europe, la Nation, la Région

Les opinions publiques sont conscientes que l’Europe est nécessaire pour traiter les problèmes globaux, entre autres, la fiscalité, la concurrence déloyale, le trafic de drogues, le risque terroriste ou encore l’immigration. Dans un monde globalisé, l’union et la taille sont en effet des facteurs déterminants pour agir et être puissant. De même que les entreprises se regroupent par fusion ou acquisition, les pays sont appelés à s’unir pour continuer d’exister.

Les peuples d’Europe s’inquiètent néanmoins d’une Union qui profite surtout à une minorité et qui accroit les inégalités. La Nation apparait alors comme un bouclier à ceux qui sont en quête d’identité et, dans de nombreux pays, la Région semble tout aussi apte à jouer ce rôle.

Ainsi de nombreuses revendications d’autonomie régionale voire d’indépendance se font entendre, jusqu’au cœur même de l’Europe, où Flamands et Wallons sont près de faire éclater la Belgique. En Espagne, Catalans, Basques, Galiciens, Andalous ou encore Aragonais ont déjà obtenu une reconnaissance de leurs spécificités culturelles. En Italie, la Lombardie, la Vénétie, le Frioul, la Sardaigne et dans une moindre mesure la Sicile, ont des revendications spécifique. Dans le Royaume plutôt désuni du Brexit, les Ecossais et les Gallois se verraient bien un avenir à part de l’Angleterre. En Scandinavie, les Lapons veulent un pays à eux. La Frise aux Pays-Bas, la Silésie en Pologne et même la Bavière, en Allemagne, aspirent à des droits culturels particuliers. En France, lors des dernières élections, les Corses ont voté majoritairement pour les autonomistes et des mouvements identitaires existent en Alsace, en Bretagne et au pays Basque.

Ces régionalismes ne sont pas incompatibles avec la construction de l’Europe. L’aspiration des peuples d’Europe à s’unir reste en effet très forte, à condition que soient garanties leurs identités. Une identité européenne implique une adhésion à des valeurs communes mais elle n’est pas synonyme d’uniformisation.
De son coté, l’Europe tend à faire jouer aux Régions un rôle de plus en plus important avec le principe de subsidiarité qui vise à privilégier le niveau inférieur d'un pouvoir de décision aussi longtemps que le niveau supérieur ne peut pas agir de manière plus efficace. Ce faisant l’Europe contribue ainsi à conserver l’extraordinaire richesse culturelle et linguistique du continent. Dans ce contexte, les états-nations, dont la France est l’archétype perdent ainsi de leur pouvoir par le haut au profit de l’Europe et par le bas au profit des Régions.

Tout être humain a un besoin fort d’appartenance à une identité mais il ne peut multiplier les niveaux d’appartenance. Deux c'est déjà beaucoup et trois c'est presque impossible. Ce sont sans doute les états-nations, souvent récents à l’échelle historique (l’Italie ne date que de 1861), qui s’effaceront les premiers au profit de l’Europe et des Régions dont les existences sont millénaires pour nombre d’entre elles.

Le communautarisme est un autre facteur qui favorise le délitement des états-nations. Partout en Europe, le communautarisme des citoyens issus de l’immigration est une sorte de résistance passive à l’intégration, un refus conscient ou inconscient d’appartenir à la communauté nationale du pays d’accueil, avec ses règles et ses valeurs. Il est favorisé d’une part par les nouvelles technologies qui rendent beaucoup plus facile le maintien de racines avec la culture et le pays d’origine.
Il est aussi le symptôme d’une Europe qui n’a pas encore un projet idéologique clair. A trop faire pénitence de son passé, à trop douter et à trop dénigrer son présent, l’Europe ne suscite plus l’enthousiasme.

Dans le passé, l’immigrant était fier d’adhérer à son nouveau pays et il voyait sa naturalisation comme une promotion. Aujourd’hui la société européenne, pas plus que ses composantes nationales, n’a de vision collective, ambitieuse et généreuse pour susciter un désir d’intégration.

Bref il manque encore une âme à L’Europe.

Rhadamanthe

Retrouver le sens du bien commun pour ne pas avancer en arrière

Notre système politique est un mélange de libéralisme et d’état providence.
Avec la montée de l’individualisme, on attend du libéralisme qu’il mette la personne au centre des préoccupations tandis qu’on attend de l’état providence qu’il résolve tous nos problèmes. Comme l’état ne peut faire les deux à la fois, répondre à toutes les demandes individuelles - moi d’abord, tout de suite - et éradiquer la misère, il finit par mécontenter tout le monde.
Dans ce système schizophrène les élus perdent leur fonction essentielle : celle d’éclairer et de guider le peuple. Ils se contentent d’organiser la société ou de gérer l’économie, du moins la faible part sur laquelle ils ont prise. La démocratie représentative est alors prise au piège. Dans l’incapacité d’additionner les envies contradictoires elle accepte la montée des particularismes, des corporatismes, des communautarismes, pendants sociaux de l’individualisme. L’équipe au pouvoir oublie qu’elle a en charge ce qui est bon pour tous et pas uniquement pour certains.  Elle s’appuie sur une élite qui décide de ce qui est bien, de ce qui est juste, de ce qui est vrai. Elle n’écoute guère ceux qui ne pensent pas comme elle. Les opposants adoptent une position symétrique et campent sur leurs propres vérités. Ils n’écoutent pas davantage et promettent de massacrer l’autre s’ils gagnent politiquement. Ils sont prêts à échanger un système honni pour une tyrannie nouvelle potentiellement plus dangereuse encore que les féodalités antérieures.

En 2017, quelques semaines à peine après l’élection du nouveau Président de la République, nous annoncions dans un éditorial daté du 9 juillet que les conditions étaient réunies, pour que la cocotte minute se mette à siffler : un État avec des caisses vides, un endettement abyssal, une fiscalité  écrasante, des inégalités et une insécurité croissantes. 
En ce début 2019, le large soutien de l’opinion aux gilets jaunes et la dangereuse acceptation tacite de la violence montrent que la révolution que nous pressentions est en cours. Comme toujours dans un tel cas, attendons-nous à présent à traverser une très longue période d’instabilité.

Pour éviter l’anarchie et les risques qu’une période révolutionnaire implique Il nous faut redonner du poids à la démocratie participative. En effet le salut ne peut plus venir d’en haut. Dans le contexte actuel, le pouvoir descendant à sens unique ne peut que récolter la révolte ascendante.  Nos représentants ne sont pas tous pourris, beaucoup sont mêmes compétents et animés de nobles sentiments mais ils ne sont pas magiciens, pas plus que ceux qui, en embuscade, promettent la lune s’ils parviennent à les remplacer.

 La seule solution raisonnable est de faire appel à l’ensemble des ressources démocratiques. C’est au peuple de redéfinir le sens du bien commun et c’est au peuple d’identifier ce  à quoi tous les citoyens tiennent.

 En Pays de Thau,  entre conseils de quartier, conseil de développement ou autres conseils participatifs, des expériences intéressantes sont en cours depuis plusieurs années et débouchent sur des projets concrets qui font avancer notre agglomération ou nos communes. Il faut bien sûr aller au-delà de ces pratiques limitées dans leurs objets et raisonner au niveau national.  Cela implique de ne pas  faire l’impasse sur des questions plus fondamentales encore que le pouvoir d’achat ou la fiscalité comme l’idée que nous nous faisons collectivement de la nation ou de l’Europe.
Qu’est-ce que la Nation ? Qu’est-ce qui nous unit ? Une histoire ? Une culture ? Une langue ? Des valeurs républicaines ? La solidarité de l’état providence ? L’exaltation de la nation peut-elle nous entraîner vers le nationalisme : le retour des tranchées de 14-18 et de leurs millions de morts, une nouvelle Shoah et l’extermination de ceux qui sont différents ?
L’Europe dans son fonctionnement actuel est rejetée par une grande partie des citoyens. Mais quel est son bilan objectif  depuis sa création en 1957 ? Que nous a-t-elle apporté : la paix, la monnaie commune, etc. Quel problème n’a-t-elle pas su résoudre : le chômage, le terrorisme, etc. Comment la France peut-elle contribuer à relancer l’idée européenne sur de nouvelles bases ?

Le débat annoncé par le gouvernement sous la pression des gilets jaunes peut être une occasion inespérée de retrouver le sens du bien commun et de réussir pacifiquement la révolution en cours. Nous avons peut-être l’opportunité exceptionnelle de redéfinir notre société et d’expliciter les raisons pour lesquelles nous formons un tout.
Cela implique que chacun joue vraiment le jeu. Le pouvoir comme les oppositions doivent comprendre que les antagonismes simplistes ne mènent à rien. Des gens convaincus de détenir à eux seuls la vérité seraient de piètres acteurs d’un théâtre tragique : des méchants qui refusent aux gentils ce à quoi ils pensent avoir droit, des décideurs qui jugent le peuple trop ignare pour comprendre où se trouve son intérêt, des affreux qui sentent le soufre, avec lesquels on ne peut dialoguer et qu’il faut envoyer au goulag.
Il ne suffit pas d’avoir raison pour imposer son point de vue. Il faut pouvoir le confronter à d’autres et le soumettre à l’épreuve du débat pour qu’il devienne un élément du socle commun des idées et des valeurs à partager. La décision condescendante qui vient d’en haut n’a pas plus sa place dans un tel débat que le «  y a qu’à, faut qu’on » si répandu chez les démagogues et les irresponsables civiques. De même, recueillir l’assentiment de la majorité ne donne pas le droit d’ignorer voire d’opprimer la minorité. Notre idée du vivre ensemble et du lien social ne repose pas que sur des lois et des règles fiscales, elle suppose l’adhésion à des valeurs communes et à des principes comme le respect de l’autre ou l’acceptation du pluralisme politique.

Le peuple est parfaitement capable de croiser divers points de vue et de fertiliser les idées des uns et des autres. Si le processus annoncé est mené avec l’aide d’élus transparents et d’experts capables d’apporter un éclairage de réalisme au débat, le peuple de France saura retrouver et définir le sens du bien commun pour ne pas avancer en arrière.
Le peuple de France est prompt à s’indigner et à s’opposer à l’injustice. Il n’est cependant pas idiot et ne s’engagera pas dans une voie qui l’amènerait vers des lendemains qui déchantent. Si son génie l’amène parfois à rêver l’utopie, il a su démontrer dans son histoire que rêver à plusieurs est souvent le début de la réalité.

Rhadamanthe
6 janvier 2019

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L’avenir des gilets jaunes

La jeunesse reste le vrai moteur du progrès économique et social. Fonder une famille et avoir des enfants constituent pour tous les humains une puissante incitation au travail et à l’investissement. Une natalité qui chute est donc rarement un signe positif pour une nation.

Depuis 2010, la France, a vu son taux de natalité repartir à la baisse. Pire, depuis 2015, le phénomène s’accélère et l’arrivée d’un jeune président en 2017, ne semble pas avoir suffi à inverser la tendance. Selon les derniers chiffres de l’INSEE, le déficit des naissances par rapport aux décès n’a même jamais atteint un tel record depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Cette démographie en berne traduit une perte de confiance non seulement dans l’avenir mais aussi dans les responsables politiques. Les parents sont d’autant plus enclins à mettre des enfants au monde qu’ils ont le sentiment de vivre dans un pays où les dirigeants accordent la priorité au bien commun et prennent les mesures qui garantissent le bien-être de leurs descendants. Dans le contexte actuel où le renouvellement des générations n’est plus assuré, la France, sent confusément qu’elle est un pays en perdition et elle doute de ses élites politiques.

Dans le passé les périodes troubles ont souvent été associées à des crises de la natalité. La Révolution de 1789 a coïncidé avec une première phase de chute de la fécondité française. En Europe, la faible natalité caractérisait la période 1914-1945 qui connut la révolution russe, le nazisme, le fascisme,deux guerres mondiales et la guerre civile en Espagne. A l’inverse, les trente glorieuses qui ont suivi, de 1945 à 1975, ont correspondu au baby boom.

Parallèlement, les causes des révoltes sont toujours les mêmes : un État avec des caisses vides, un endettement abyssal, une fiscalité écrasante, des inégalités et une insécurité croissantes. Aujourd’hui les conditions sont donc remplies pour que le mouvement des gilets jaunes se transforme en révolution.

Au début de toute révolution, l’idéologie est absente. Les revendications sont concrètes : du travail et de quoi vivre décemment. Mais rapidement, livrés à eux-mêmes les révoltés s’engagent dans la surenchère, la violence et les excès. Faute de savoir se structurer ils sont récupérés par les absents de la première heure, ceux qui n’ont pas pris part aux évènements mais qui ont suivi une situation dont ils ont tout à gagner. Placés en embuscade, ils s’insèrent dans le mouvement au moment opportun pour en prendre le contrôle. Il en ressort généralement un pouvoir dictatorial qui se révèle très dommageable pour la nation.

La révolution française de 1789 après avoir aboli la Royauté a finalement accouché de l’Empire et de Napoléon 1er dont les guerres ont causé la mort de centaines de milliers de personnes. Le même Napoléon 1er qui a vendu en 1803 la Louisiane et un immense territoire américain pour financer ces guerres, faisant ainsi perdre au français toute chance de s’imposer comme première langue internationale.

La révolution russe de 1917 a rapidement été confisquée par Staline. Les immenses espoirs suscités par le communisme se sont alors évaporés pour laisser la place au goulag et à ses dizaines de millions de morts.

La révolution iranienne de 1979, partie sur des revendications sociales, fut initiée par une population dont la démographie évoluait à l’européenne (moins de 2 enfants/femme). L’ayatollah Khomeini, à l’abri en France, a su habilement profiter des troubles et revenir au pays pour instaurer le régime des mollahs.

Plus près de nous, les frères musulmans, ont su prendre en marche le train des printemps arabes. Ils sont parvenus à confisquer à leur profit le vent de la démocratie qui soufflait sur les terres de l’islam. En Tunisie, par exemple, la jeunesse, les femmes non voilées et les réseaux sociaux ont permis, dans l’allégresse, la destitution du tyran Ben Ali mais en peu de temps le parti islamiste Ennahdha a pris le contrôle de l’Etat et renvoyé le peuple à sa misère.

On pourrait ainsi multiplier les exemples de mouvements de sans-culottes ou de sans grades qui se sont fait voler leur révolution.

Si les gilets jaunes ne parviennent pas à s’organiser et mettre de l’ordre dans leurs contradictions, ils courent à l’échec. La défense des intérêts individuels les plus divers avant celle des intérêts collectifs, l’absence de prise en compte des réalités politiques, économiques et internationales ne peut conduire qu’au chaos, à la ruine et à la destruction de l’ordre social. Les conditions de leur récupération, par une force plus organisée qu'eux, seront alors réunies. Au lieu des lendemains qui chantent attendons-nous dans ce cas à voir l’arrivée d’un despote au pouvoir. Et rien ne garantit que ce soit un despote éclairé. A l’inverse s’ils parviennent à structurer leur démarche, leur soulèvement peut déboucher sur une vraie avancée innovante et démocratique.

Rhadamanthe

Des gilets jaunes aux gilets verts ?

On ne peut pas critiquer un gouvernement qui cherche à équilibrer les comptes publics pour éviter à la Nation de vivre à crédit. On ne peut pas non plus lui reprocher de veiller à la santé publique en s’attaquant au diesel dont la nocivité est prouvée. On peut également comprendre que la lutte contre le réchauffement climatique conduise à décourager l’usage de la voiture émettrice de gaz à effet de serre. Ce que d’aucun mettent en doute, c’est la sincérité du raisonnement car d’autres taxes sont en préparation : sur les achats par internet, sur l’élargissement de la redevance TV à tous les écrans, etc..
Bien sûr des raisons plausibles seront mises en avant par le gouvernement pour expliquer ces nouvelles mesures. De leur coté, les opposants en profiteront pour récupérer la colère populaire avec des discours forgés de demi-vérités et d’engagements sans lendemain. Mains sur le cœur, les politiques de droite et de gauche feront les habituelles promesses dont le sens est invariablement au service d’une stratégie électorale trop souvent cynique.

Au 19ème siècle François Guizot, président du conseil des ministres sous le roi Louis-Philippe, expliquait pourquoi il valait mieux taxer les gens modestes plutôt que les ultra-riches : les pauvres, disait-il, ne peuvent pas grand chose… mais ils sont si nombreux ! Ce constat est toujours d’actualité au 21ème siècle. Pour renflouer les caisses de l’état, Il est plus facile de taxer les plus faibles, par exemple les retraités et les automobilistes, que de faire des économies ou de prendre le risque de faire payer ceux qui utilisent leur mobilité internationale (ou celle de leurs capitaux) pour échapper à l’impôt.

Plutôt que de taxer toujours plus les honnêtes citoyens, ne conviendrait-il pas de faire d’abord payer ceux qui fraudent et ceux qui commettent des incivilités ?
La lutte contre la fraude concerne le gouvernement mais le combat contre les incivilités se joue au niveau local. Ces dernières, dommageables pour la communauté sont légions : dépôts sauvages d'encombrants, déjections canines, dépôts de gravas, jet de nourriture aux animaux sur la voie publique, sacs d'ordures laissés par terre, affichage sauvage, stationnement en double file, bouteilles en plastique et canettes de bières jetées sur la voie publique, tags, crachats, bruits intempestifs, etc.

Il est étonnant de voir autant de compréhension ou de laxisme envers les auteurs de ces incivilités. La réglementation existe mais elle n’est guère mise en œuvre et, quand elle l’est, les amendes ne sont que de quelques dizaines d’euros.
On nous objectera que les incivilités sont révélatrices de la détérioration du lien social et que les citoyens combattent d'autant mieux les incivilités qu'ils se sentent des partenaires actifs de leur environnement, de la vie de leur quartier, de l'atmosphère, des moyens de transport, etc. C’est vrai mais reconnaissons aussi que les municipalités d’Agde, de Frontignan, de Montpellier, de Pézenas, de Sète et de bien d’autres villes de l’Hérault ne cessent de mettre des moyens humains sous forme, entre autres, de brigade de propreté ou d’environnement pour traquer ces incivilités et faire de la pédagogie. Force est donc de constater que les résultats ne sont pas probants et que les discours moralisateurs n'ont pas les effets escomptés : il est toujours difficile de faire boire un âne qui n’a pas soif.

Alors soyons réalistes et pragmatiques. Regardons du côté de ceux qui ont rendu leurs villes propres et quasiment éradiqué les incivilités. A Singapour, traverser hors des passages piétons est passible d’une amende tout comme jeter par terre un détritus (mégot, papier, canette…), cracher, uriner ou encore « oublier » les crottes du chien peut coûter 670 euros pour une première infraction et jusqu’à 3350 euros en cas de récidive. En Amérique du nord, de nombreux états américains ou provinces canadiennes appliquent des tarifs encore plus dissuasifs : jusqu’à 5000 dollars sans compter, en prime, la suspension de permis de conduire pour ceux qui abandonne une canette de bière ou une bouteille plastique sur le bas coté de la route. C’est peut-être sévère mais ça marche.

Alors, après les gilets jaunes, peut-être devrons-nous porter des gilets verts pour exiger des pouvoirs publics qu’ils mènent une politique environnementale vigoureuse mais juste. Une politique qui ne s’attaque plus en priorité aux honnêtes gens mais aux fraudeurs et à ceux dont les incivilités sont nuisibles à l’environnement et à la vie en société.

Jacques Carles

Un premier repas convivial pour les amis du Jumelage Bessans-Bessan

 

Pour la première fois, l’association « La Tuque Endiablée » vouée au jumelage avec Bessans en Savoie, propose un repas ouvert à tous, adhérents ou non, le vendredi 23 novembre, à partir de 19h30, dans la salle des fêtes Aimé Péret. Ce rendez-vous permettra de réunir tous les amis du jumelage et de connaître les détails des prochaines initiatives prévues.

Le repas, préparé par le traiteur « La Noria », et au menu gourmand (apéritif, salade de chèvre chaud, cuisse de pintade farcie aux cèpes, trou Normand, fromage, dessert, vins, café et pousse-café), sera animé gracieusement par « Epsilon », l'excellent groupe de l’école de musique de Bessan.

La participation de tous est modeste : 10 € par personne pour les adhérents, 20 € pour les non-adhérents. Pour faciliter l’organisation, les inscriptions sont obligatoires avant le lundi 19 novembre. Pour cela, contacter les responsables de « La Tuque Endiablée » au 06 22 44 26 99.

Parole

Lire et écrire sont indispensables pour survivre dans nos sociétés mais aujourd’hui savoir parler est devenu tout aussi important que savoir écrire. La maîtrise de la parole est une compétence de plus en plus recherchée par les entreprises. Avec la réforme du bac prévue pour 2021, l’éducation nationale, elle-même, annonce le retour en grâce de l’éloquence et de l’expression orale.
Les nouvelles technologies transforment la communication entre les humains. Les smartphones et des applications comme FaceTime et SnapChat multiplient les occasions de communiquer oralement. Sur l’internet, l’audience des vidéos de conférences riches de contenu ne cesse de croitre et les youtubers redonnent de la modernité à la rhétorique. A la télévision les débats font de nouveau recette et les émissions où la parlotte est reine se multiplient. Même les objets deviennent « intelligents » se mettent à parler. Le digital nous mène peu à peu au vocal.

Platon, il y a 25 siècles, expliquait pourquoi Socrate n’écrivait pas : l’écrit transmet une pensée limitée, figée, morte pour ainsi dire. Sans la parole pour l’exprimer et l’expliciter, la pensée perd avec l’écrit sa profondeur et ses nuances. Le savoir, disait-il, contrairement à l’information n’existe pas en dehors de l’homme. L’écrit ne permet pas le dialogue. Il ne peut répondre aux objections ni adapter les arguments en fonction des réactions de l’interlocuteur. Pour Socrate, rien ne remplaçait la parole et c’est pourquoi son enseignement était uniquement oral. Seul le débat public et le contact direct entre personnes pouvaient permettre de confronter les idées et de conduire à de véritables échanges.

Socrate craignait d’ailleurs que l’écriture n’ait un autre effet pervers : celui d’amoindrir la mémoire. De fait, en utilisant l’écriture, on perd l’habitude de mémoriser et on s’appuie sur un support externe pour retrouver la connaissance ou les traces des expériences passées. L’écriture peut aussi, en quelque sorte, affaiblir le cerveau. Une critique reprise, après l’invention de l’imprimerie, par les clercs à l’instar de Girolamo Squarciafico qui déclarait, en 1477, que « l’abondance des livres détournait les hommes de l’étude ».

Platon, citant Socrate, expliquait aussi pourquoi nul homme sage ne devrait se risquer à écrire sur des questions sérieuses et livrer ainsi sa réflexion à l'envie et à l'incompréhension des autres. Il nous mettait en garde sur le risque de laisser tomber l’écrit « dans les mains du premier venu qui pourra le fausser et le triturer en tous sens ». Il ne parlait pas encore des « fake news » ni de l’interprétation dangereuse de textes religieux sortis du contexte de leur époque mais il le pressentait.

Dans la Grèce antique, l’écrit était d’ailleurs encore balbutiant et la mémoire était la seule façon de s’approprier le savoir. L’Iliade, le poème épique attribué à Homère, se transmettait ainsi oralement de génération en génération.

Comme le remarque le linguiste Walter Ong, si parler est naturel, écrire l’est beaucoup moins. Quelle que soit leur culture les hommes parlent. La parole est essentielle au lien social. Ecrire est déjà plus intellectuel, plus abstrait. L’écriture avec ses idéogrammes ou ses alphabet est une technologie, une invention dont le support a évolué au fil des siècles: la pierre et le silex pour l’homme préhistorique, le papyrus pour le scribe égyptien, le papier pour le typographe ou divers supports magnétiques pour l’informaticien d’aujourd’hui.
Quelle que soit la technique utilisée, la transmission écrite du savoir est plus difficile et moins abordable au plus grand nombre que la transmission orale. Avec l’évolution vocale du numérique, l’écrit ne va pas disparaître, il continuera de faire progresser l’humanité mais l’univers interactif et chaleureux des cultures orales reprendra de l’importance. L’écrit ne sera plus le seul pour enregistrer le savoir et les idées. La parole redeviendra le moyen premier de la communication. Nous autres méridionaux, dont le parler vivant et coloré est bien connu, nous ne nous en plaindrons pas.

Jacques Carles

Victoire bonifiée pour le Stade Bessanais

Ce dimanche, les joueurs du Stade Bessanais recevaient leurs homologues de St Jean de Védas. Le temps était venté et pluvieux.

En première période, les Bessanais, contre le vent, réussissent à tenir le ballon et prennent l’avantage suite à un essai du centre Dorian Izard. A la pause, les Bleu et Blanc mènent par 10 à 6.

En deuxième mi-temps, le travail de sape paie tout comme l’appui du vent. Les locaux volent à nouveau dans l’en-but, grâce à l’arrière Rémi Giner. Puis c’est au tour de l’ouvreur, Romain Escande, d’aplatir. Un 4e essai du pilier, Nathan Trastour, permet enfin aux Bleu et Blanc de l'emporter par 27 à 6.

Les hommes d’Antoine et Rossignol prennent 5 points, et se classent 4e, ex-aequo avec Névian-Canet.

Dimanche 21 octobre, les Bessanais se rendront à Poussan, au stade Albert Boutou.