Environnement

Cette petite boule de poils… participe à la protection de nos plages

Les derniers coups de mer successifs ont apporté quantité de bois, débris et déchets sur nos plages,avec malheureusement beaucoup de plastiques nocifs pour notre environnement (voir les campagnes locales de Project Rescue Ocean).

Parmi les laisses de mer naturelles figurent les pelotes de mer ou aegagropiles, petites boules feutrées formées de restes de fibres provenant des feuilles mortes de posidonies, qui peuvent aussi former des petites banquettes en bord de plage. Ces restes de posidonies, associées à des dépôts d’algues, de petits bois,de coquillages se mélangent au sable et maintiennent ainsi la plage.

Vivantes, les posidonies sont présentes dans l’Aire Marine Protégée de la côte agathoise sous forme de petits herbiers autour de Brescou, des Battuts ou vers les falaises du Cap d’Agde. Et elles jouent un rôle écologique majeur, notamment en servant de « tampon » aux effets des vagues sur le rivage ! Cette plante marine (car c’est une plante !) ne se trouve qu’en Méditerranée et ne pousse que de quelques cm par an. D’où l’importance de la préserver avec une bonne qualité des eaux, des mouillages écologiques ou inciter l'ancrage des bateaux sur des fonds sableux. Sur notre littoral agathois ces herbiers se portent assez bien dans l’ensemble et cette gestion durable doit se poursuivre

Renaud Dupuy de la Grandrive
Directeur du Milieu Marin / Aire Marine Protégée Côte agathoise

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Les récifs artificiels : bientôt un réseau européen?

Depuis les premières expériences innovantes d'André Lubrano au large de Palavas en 1968, la Région LR, avec le CEPRALMAR reste le pionnier en Europe dans l’expérimentation d’immersion de récifs artificiels, un outil qui a fait ses preuves pour la protection  et la gestion de la bande côtière.

 

La filière pêche en Languedoc-Roussillon est un maillon essentiel de l’économie régionale (700 navires, 4 500 emplois directs et indirects et un chiffre d’affaire de 60 millions d’euros) qui subit depuis plusieurs années une crise sans précédent.
La raréfaction de la ressource halieutique en lien avec la destruction des habitats sous-marins et la pollution des eaux, ainsi que l’augmentation du coût du gazole, sont autant de causes qui expliquent aujourd’hui les difficultés rencontrées par la profession.
En tant que Président du Cépralmar et ancien pêcheur professionnel, j’ai à cœur de soutenir la filière pêche et d’accompagner les professionnels de la région pour trouver des solutions pérennes.
L’accompagnement des plans de sortie de flotte successifs ne peut être satisfaisant. Les pêcheurs doivent pouvoir vivre de leur métier et de leur passion en exploitant raisonnablement et durablement les ressources halieutiques.
La restauration des habitats marins, la gestion des conflits d’usages, la gestion de la ressource, sont autant de problématiques à laquelle les récifs artificiels peuvent apporter des réponses.
Acteur en 1968 de la première expérimentation d’immersion de récifs artificiels d’Europe au large de Palavas, je reste un fervent défenseur du développement de ces outils d’aménagement des fonds marins.
Pour répondre à la demande des prud’homies de pêche d’avoir une bande côtière aménagée et réservée à certaines catégories de pêcheurs, le Cépralmar a été en 1984 maître d’ouvrage d’un projet ambitieux et novateur d’immersion de 15.000 m de récifs artificiels sur 5 sites de la région (Agde, Gruissan, Port la Nouvelle, Canet, Saint Cyprien).
Depuis, le Cépralmar poursuit son accompagnement des porteurs de projet pour développer de nouvelles immersions et capitaliser la connaissance sur les immersions existantes.
La future génération de récifs artificiels ne répondra plus aux seuls besoins exprimés par les professionnels de la pêche. En effet, les nouveaux projets devront présenter une véritable approche écosystémique et faire l’objet d’une concertation entre les différents usagers utilisateurs des récifs artificiels afin de tendre vers une gestion efficiente de ces aménagements.
Les pêcheurs auront néanmoins toujours un rôle central à jouer dans la nouvelle organisation qui devra se mettre en place à l’échelle de chaque projet.
Ils devront notamment participer activement à la mise en œuvre de la gestion des récifs artificiels puisqu’ils demeurent les premiers observateurs de la qualité et de l’évolution du milieu marin.

André Lubrano

   

Près de quarante ans après les premiers essais d'André Lubrano, sous l’impulsion des prud’homies de pêche, ce sont plus de 30 000 m3 de récifs artificiels qui ont été immergés sur l’ensemble du littoral avec le soutien notamment de la région Languedoc-Roussillon.
Les récifs, véritables habitats artificiels, jouent un rôle de nurserie à poissons et ils empêchent le chalutage dans la zone des 3 miles. Ils constituent donc de réels outils pouvant être à vocation halieutique, récréative, de restauration, ou même de compensation écologique pour pallier la perte de biodiversité ou la disparition d’habitats naturels face à la pression humaine.


En 2013, un bilan critique de ces outils d’aménagements des fonds marins a permis d'identifier les pratiques les plus efficaces. Ce point exhaustif a par ailleurs démontré la nécessité de mettre en place une logique d’intervention globale à l’échelle régionale pour éviter des actions au coup par coup avec des choix techniques parfois discutables ou sans suivi scientifique. Il a été aussi le point de départ d’une réflexion pour donner un nouveau cadre à la réalisation de ces immersions et il a servi de base à la définition de la doctrine de l’État à l’échelle méditerranéenne française.

La Région et le Cépralmar ont donc très largement contribué à l’établissement de cette doctrine qui lui permet aujourd’hui de s’appuyer sur un cadre validé par les usagers et l’administration pour définir les contours d’une future politique ambitieuse en matière d’immersion. Cette politique se veut résolument tournée vers l’avenir en privilégiant des projets exemplaires en matière de stratégie d’implantation, d’objectifs attendus, de gouvernance mais également en matière de communication, d’association des usagers et du grand public et d’intégration environnementale (approche écosystémique).
Un guide pratique de référence a été réalisé. Destiné aux gestionnaires de milieux marins, aux collectivités désireuses d’immerger des récifs artificiels ainsi qu’aux bureaux d’études, ce guide est aussi disponible sur l'internet : télécharger le guide pratique d’aide à l’élaboration, l’exploitation et la gestion des récifs artificiels en LR. 

 

Bientôt un réseau européen?

Le CEPRALMAR a accueilli Mathilde Chatelain une stagiaire en fin d'étude de master océanographie afin d'étudier la possibilité de mettre en place un réseau européen des structures et des personnes impliquées dans la gestion des récifs artificiels qui ont vu le jour depuis les côtes espagnoles jusqu'aux confins de la Mer Noire en Ukraine et en Russie.
Ce travail en cours permet d'identifier et de contacter toutes les parties prenantes en France et à l'étranger. Il permettra au CEPRALMAR, de faire des propositions concrètes et budgétées à ses éventuels partenaires afin de franchir une nouvelle étape pour la protection et la gestion du littoral de l'ensemble de la façade européenne de la Méditerranée.

 

Fortune de mer

Au XIIIème siècle, la fortune de mer soit, ''fortuna maris'' correspondait à un accident sur l'eau et devient au XVIème, un naufrage après une tempête. La fortune de mer est, aujourd'hui, un objet trouvé au bord de la mer après une tempête.


L'ægagropiles

Le Turbo Rugueux coté coquille

Le Turbo Rugueux et son oeil de Ste Lucie

Oeufs de buccinum undatum
 

En cette fin d’année, c’est le moment pour flâner sur les plages dépourvues de touristes et autres baigneurs. Mais à y regarder de plus près, on trouve beaucoup de choses à observer sur le sable de nos plages, et des curiosités dont quelquefois nous ignorons même le nom. En voici quelques unes parmi tant d’autres…


L’ægagropile :

En se décomposant, les feuilles fanées de Posidonia oceanica se transforment peu à peu en fibres végétales qui, sous l’effet de l’eau et des vagues, se compactent parfois de manière sphérique autour d’un reste de rhizome. Il en résulte une petite boule beige qui semble faite de poils et que l’on retrouve quelquefois à certains endroits agglutinées par milliers sur nos plages. Nommées « aegagropiles », ou aussi « Pelotes de mer »  elles étaient autrefois utilisées par les vénitiens pour protéger leurs verreries pendant les transports. C’est aussi une touffe de poils et de résidus végétaux que l’on trouve dans l’estomac de certains ruminants  


L'œil de Sainte Lucie :

Cest l'opercule orange d'un coquillage appelé Turbo Rugueux de Méditerranée. Cet opercule tient son nom de la légende du martyr de Sainte Lucie. Considéré par les marins  comme porte bonheur, et conservé dans les portes monnaie il peut aussi être monté en bijou, pendentif, bague ou boucles d’oreilles…il est présent uniquement en Méditerranée. De forme ovale, sa taille maximum est de 25 à 30 mm. Son épaisseur est d'environ 5 mm.


Œufs de Buccinum undatum :

Ou œufs de buccin. Les marins appellent également ces grappes que l’on trouve sur nos plages « savonnettes de mer » Pondu par cet escargot de mer qu’est le bulot il est capable de se reproduire vers l'âge de 4 ans, dès qu'il a atteint une taille d'environ 5,5 cm. La ponte a lieu en général au mois de février.

Georges Cantin

Le Département de l’Hérault toujours opposé à l’exploitation de gaz de schiste

Le 28 janvier dernier, le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise (Val d’Oise) annulait l’abrogation du permis de recherche d’hydrocarbures attribué en  2010 à deux sociétés du groupe Total pour une zone de recherche concernerait une grande partie des départements de la Drôme, de l’Ardèche, du Gard, de l’Aveyron, de la Lozère et de l’Hérault.
Rappelons que le gouvernement avait abrogé ce permis en octobre 2011, estimant que les sociétés de Total restaient floues, notamment sur l’emploi de la fracturation hydraulique, une technique interdite par la loi du 13 juin 2011.

La Ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, a décidé, le 30 janvier 2016, de faire appel du verdict du Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, réaffirmant « sa détermination à faire respecter strictement l’interdiction de la fracture hydraulique dans un objectif de protection de l’environnement et de la santé ».

Le Département de l’Hérault, dont une partie du territoire est concernée par la zone de recherche, avait déjà affirmé son opposition à l’exploitation des gaz de schistes par le vote d’une motion demandant au gouvernement de prononcer un moratoire sur ces recherches et l’ouverture d’un débat public, le 24 janvier 2011.
Aujourd’hui, Kléber Mesquida, Président du Département, Député de l’Hérault réitère son opposition aux recherches d’hydrocarbures, leur exploration et leur exploitation. Une opposition motivée par des arguments concrets : « concernant les quantités d’eau à mobiliser, le choix de la région frappée de sècheresse endémique depuis plusieurs années est loin de satisfaire au principe de préservation des ressources en eau énoncé à l’article 27 du Grenelle. Par ailleurs, de nombreux problèmes de protection des captages d’eau, du fait des aquifères karstiques qui peuvent réagir de façon très violentes aux polluants, ont été identifiés dans cette même région. Enfin, ces permis sont totalement incompatibles avec les projets existants (Causses et Cévennes inscrits au titre du patrimoine mondial de l’UNESCO) ou en cours de classement de grands sites, et avec les schémas de développement du tourisme, Natura 2000 … »

Le ramassage des escargots est soumis à une réglementation

Lors des dernières pluies dans notre région on pouvait voir au bord de la route des ramasseurs d’escargots mais il faut savoir que le ramassage des escargots est soumis à une réglementation stricte.


 

On ne ramasse pas librement les escargots, que se soient l’hélix pomatia, l’hélix aspersa ou le Zonite algirius. Un arrêté ministériel de 1979 instaure pour eux un cadre précis : lorsque leur coquille a un diamètre inférieur à 3 cm, le ramassage de l'escargot est strictement interdit. Lorsqu'il excède cette taille, l'interdiction ne couvre que la période du 1er avril au 30 juin. De plus ramasser des escargots avant le 30 juin appauvri la ressource, c’est leur période de reproduction (quelques fois la période va jusqu’à fin aout…) Le petit gris pond une moyenne de 85 œufs dans un petit trou creusé 4 à 8 cm sous terre, il est adulte à 2 ans mais peut vivre plus de 5 ans s'il n'est pas dévoré par un prédateur.
Alors si vous voulez en ramasser encore l’année prochaine, abstenez-vous à ces périodes, il en va de nos prochaines « cueillettes »… Et puis n’oubliez pas qu’en cas de contrôle et d’amende, il s’agit d’infractions au code de l’environnement, des délits d’atteinte aux espèces animales ou végétales sont passibles de 6 mois de prison et jusqu’à 9 000 euros d’amende… De quoi vous donner une « indigestion d’escargots » !
A noter que cette réglementation peut être renforcée par un décret préfectoral ou communal.

  • Hélix pomatia (escargot de bourgogne)
  • Hélix aspersa (escargot petit gris)
  • Zonite algirius ou escargot peson ou plus trivial « mange-merde »

Georges Cantin

Plus d’info sur :  www.legifrance.gouv.fr et sur Thau-info en rubrique sciences

Plongée libre avec Sophie Fallourd.

Comme un poisson dans l'eau

Sophie Fallourd, dans sa prime jeunesse, a tâté à la coiffure et ce durant dix ans, mais l'appel de l'eau l'a entraîné vers une reconversion radicale à l'Institut Biologique de Sète. Il faut dire que depuis ses dix-huit printemps elle sillonnait le monde et partait plonger à la rencontre des poissons, son appareil photographique en bandoulière.
Tout naturellement elle a souhaité faire son métier de cette passion. Elle a donc repris le chemin de l'Institut pour une nouvelle formation. Sa route a croisé Michel Cantou, pêcheur sous-marin renommé, qui lui aussi a depuis troqué son fusil sous-marin pour de l'observation scientifique des milieux. Avec lui, elle a appris la plongée libre ou en apnée, sans « bouteille ».
Fort de ces nouvelles formations elle travaillé pour des aquariums régionaux, en Languedoc-Roussillon et ce jusqu'en 2013. A cette date elle a repris « les bancs de l'école » en allant de nouveau se former afin d'obtenir un DEJEPS ( Diplôme d'état de la Jeunesse, de l'Education Populaire et du Sport) au CREPS de Montpellier.
Désormais, elle a la capacité d'enseigner à tout public. Ce dont elle ne se prive pas, avec des partenaires comme la ville de Sète ainsi qu'avec des écoles.
Mais pour elle, pas question de faire de l'apnée extrême mais plutôt de l'apnée loisir.
Elle se consacre désormais a éveiller l'observation, du milieu marin, à ses « élèves » petits et grands (» www.plongee-libre.fr).

Jean-Marc Roger

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Les sorties des sentinelles de la mer

  Sentinelles de la mer

La préservation des espaces marins, lagunaires et littoraux du Languedoc-Roussillon nous concerne tous !
Les Sentinelles de la mer est un programme créé et porté par le CPIE BT qui consiste à relayer des programmes en sciences participatives en mer, lagune et littoral autour de la région Languedoc-Roussillon / Midi-Pyrénées.
Une phase de test a été lancée en 2015 avec 3 programmes :
Hippo-THAU qui a pour but d’étudier les hippocampes et syngnathes de la lagune de Thau et leur environnement (voir le site web). BioLit qui recense des déchets échoués sur le littoral et étudie le contenu des laisses de mer (voir le site web). MedObs-Sub basé sur l’observation de la biodiversité, des paysages, des pollutions, des espèces exotiques et des usages subaquatiques (voir le site web).
Le public a montré un grand intérêt pour les Sentinelles de la mer et s’est beaucoup mobilisé lors des sorties. L’objectif de l’année 2016 est de relayer d’autres programmes sur la façade Méditerranéenne occidentale pour créer et rassembler une véritable communauté d’observateurs régionaux.
Sentinelles de la mer permet la sensibilisation du public à la protection et à la valorisation du patrimoine naturel marin, tout en faisant découvrir leur territoire aux sentinelles. Tous les usagers de la mer qu’ils soient professionnels ou amateurs, de passage ou résidents, peuvent trouver un programme correspondant à leur activité et contribuer à la science.


Qu’est-ce que la science participative ?

La science participative désigne l’ensemble des programmes de collecte de données, d’observations et d’informations impliquant la participation du grand public, pour une finalité scientifique ou de gestion.
Elle sert à alimenter des études en données « de terrain », les observations, pour l’avancée de la science. Les données récoltées peuvent aussi servir à des collectivités ou des gestionnaires d’espaces naturels pour la mise en place de plans de gestion sur une espèce particulière, sur une pollution, une dégradation du paysage etc.

   

Sortie hippothauUne sortie Sentinelles de la Mer a eu lieu samedi dernier, en lien avec le programme Hippo-Thau. 20 plongeurs ont participé aux plongées au Ponton de la Bordelaise, à Frontignan. Hippocampes, syngnathes et lièvres de mer ont pu être observés et recensés.

crédit photo : Patrick Louisy

JMZH en mer !

La LPO Hérault et Cap au large (membres du CPIE BT) ont organisé une sortie en mer à l'occasion des Journées Mondiales des Zones Humides. Parti au large de Sète, l’équipage du voilier Laisse dire a parcouru le bord des lagunes héraultaises à la recherche d'oiseaux marins.
Puffins yelkouan, Fous de Bassan, Pingouins torda ont pu être observés.
La sortie a été organisée en lien avec le programme Sentinelles de la mer qui relaye les projets de sciences participatives en mer et lagunes. Les observations ont donc été saisies sur le site Faune L-R pour contribuer à la science.

» pour en savoir plus et connaître le calendrier des sortie, consultez le site du CPIE Bassin de Thau